mercredi 23 février 2011

The L day.


Bonjour à tous et toutes,

Jusqu'à aujourd'hui, le 23 Février ne signifiait pour vous que la date anniversaire de l'annonce, par des scientifiques écossais, du premier clonage d'un mammifère, en l'occurrence Dolly (clonage réalisé le 05Juillet 1996).
Toutefois le 23 Février est d'abord et avant tout (et ce depuis le 23 Février 1996), la date anniversaire du début de la relation amoureuse, d'abord totalement officieuse, que j'entretiens avec la dénommée Estelle PAOLI.
Cela fait donc 15 ans, soit 5 479 jour ou 131 496 heures ou 7 889 760 minutes ou 473 385 600 secondes que nous sommes ensemble et comble de chance, cela semble fonctionner. Cela me rappelle que j'utilisais beaucoup la fonction compte à rebours du site de l'horloge parlante pour mettre la pression sur notre architecte et les divers artisans lors de la rénovation de la maison (ex : il vous reste 2 jours, soit 24 heures ou 1440 minutes ou 86400 secondes avant la prochaine réunion de chantier pour laquelle vous vous êtes engagés à livrer les toilettes du bas.).
Imaginer ceux que nous étions il y a de cela si longtemps nous plonge dans de vastes étendues pleines de nostalgie et d'incrédulité.


Pour fêter dignement cet évènement de portée il est vrai plus que locale, nous avons mis au point un programme des plus chargés :

. 08h30 à 09h05 : Footing avec Estelle.
. 09h05 à 09h30 : Première ascension en solo jusqu'à l'entrée de Pueblo Don Thomas (seuls Papa et Michel savent la portée de cet exploit).
. 09h30 à 11h00 : Récupération, ménage, mise en beauté (rasage avec mon cadeau de Noël, bain et sent-bon de fête en ce qui me concerne).
. 11h00 11h45 : Playa Santiago - Valle Gran Rey où nous achetons du pain à la super boulangerie allemande et du Sterimar pour Célestine et Paola qui produisent de la morve (verte) en quantité industrielle depuis deux semaines.
. 11h45 à 14h00 : repas au restaurant "Mirador César Manrique" : vue extraordinaire et excellente nourriture.
. 14h00 à 15h00 : retour à Playa Santiago.


Le reste du programme :

. Devoirs et CNED avec les enfants.
. Sieste pour Marin.
. Apéritif avec des bretzels artisanaux de la boulangerie allemande.
. Dîner avec des pizzas livrées par Don Tomate.
. Coucher des enfants.
. Foie gras et champagne importés de France.

Sinon, dans la veine jour spécial :

. Il faisait gris en arrivant au restaurant et soleil pendant le repas.
. J'ai vu ma première Porsche 911 gomérienne en attendant Estelle à la sortie du restaurant.
. Tout va trop bien.

Une bise à tous.

Les MEJEAN PAOLI

samedi 19 février 2011

Le dieu de la coiffure


Lorsqu'on est parent, on n'a de cesse de chercher le meilleur pour nos enfants.
C'est une quête perpétuelle qui mobilise une telle énergie qu'il ne nous est plus possible de travailler (je sais l'alibi peut sembler faible mais je veux y croire).
Elle touche tous les aspects de la vie, des plus futiles (l'éducation, la santé, l'alimentation, le bien-être) aux plus essentiels (l'aspect).
Une des raisons (si ce n'est LA raison) pour lesquelles nous nous sommes installés ici est qu'un des coiffeurs du village est sans aucun doute le meilleur du monde. Cette affirmation vous paraitra quelque peu péremptoire jusqu'à ce que vous connaissiez son prénom : Jesus (cqfd) le Messie de la permanente, le Christ du brushing.

Sidonie y est allé ce matin et elle est ravie du résultat (cf la photo).

Célestine a pris rendez vous pour Samedi prochain à la même heure.

Je profite de l'occasion pour faire une petit mise au point. J'ai oui dire que certaines personnes de mon lectorat avaient remarqué que, faisant fi de l'orthodoxie orthographique la plus élémentaire, je mettais une majuscule aux jours de la semaine. C'est vrai mais il est aussi vrai que je suis un rebelle (je vous signale que, pour le plus grand malheur de mon épouse, je suis doublement tatoué) et la bienséance syntaxique est pour moi ce qu'un nuage est pour l'aigle royal : tout sauf un obstacle. Pour clore cette parenthèse, Célestine était très contente du cadeau de Marie qui lui a fait très plaisir.

Ceci étant dit quelques nouvelles :
. Nous avons récupéré Estelle en pleine forme. Nous remercions tous ceux qui se sont occupé d'elle durant son séjour français.
. Elle avait plein de trucs dans ses bagages dont des jeux pour les consoles des enfants (en provenance directe de l'importateur français de Nintendo et Vtech : Romegier International Trades). Les problèmes que nous éprouvions avant pour communiquer avec eux ne se sont pas du tout améliorés.
. Comme c'est la tradition, nous sommes allé manger à La Cuevita et c'était très bon (Madregal pour moi et Pargo pour Estelle).
. Paola était tellement contente des bottes pour son déguisement du carnaval qu'elle les a gardées toute l'après-midi et nous ne nous sommes aperçu qu'elle n'avait pas mis de chaussettes que vers 19h45 sur le chemin du restaurant. Elle nous a affirmé qu'elle était "confort" à l'intérieur. Je vous rassure, nous avons mangé en terrasse.
. Cela fait 19 jours que je vérifie quotidiennement le temps et cela fait 19 jours consécutifs que nous avons du soleil.
. Nous venons de coucher Marin et il râle qu'il en a marre des siestes. Dans une heure et demi, il va râler lorsque nous allons le réveiller.
. Cala Luna est bien parti de Port Camargue. On attend maintenant avec impatience son arrivée à San Sebastian.
. Grâce à l'aimable concours des pharmaciens de Bagnols sur Cèze et Pont-Saint-Esprit, mon séjour français du mois de Mars va s'allonger de trois jours. Il va aussi me permettre de réaliser un marathon de 168 heures d'officine non stop. Je suis en train de négocier avec Estelle le montant des 133 heures supplémentaires. Elle m'a vaguement parlé d'une Ducati mais je n'ai pas encore dit oui (une 1198R Corse à la limite, pourquoi pas).

Je crois que c'est tout.

Une bise à tous.

Les MEJEAN PAOLI

dimanche 13 février 2011

Le monde perdu


Estelle est partie depuis maintenant deux jours et pour le moment, tout se passe extremement bien. Les enfants sont gentils et l'intendance, il est vrai aidée par le fait que nous n'avons jusqu'à présent mangé que des plats préparés à l'avance ou très facile à cuisiner, est réduite au ménage et à la lessive.
Je me suis toutefois fait la réflexion que l'enfance est un monde tout à fait spécial qui surpasse allègrement tous les parcs d'attraction y compris Disneyworld ou même Aéro City Park. Hier soir, les enfants se sont couchés tard et ils sont donc allé se laver les dents dès la sortie de table. Je me suis alors aperçu qu'ils quittaient une salle à manger garnie des restes de repas et une cuisine en vrac pour les retrouver, 11 heures de sommeil plus tard, (relativement) propres et rangées. Et le concept marche pour la nourriture qui se prépare seule seule, les vêtements qui s'autonettoient et l'argent qu'il suffit d'aller chercher à la banque (en plus, maintenant, il y en a partout des banques).
Ce n'est pas que cela me pèse (je n'ai que cela à faire), c'est juste que lorsque nous sommes enfants, ces petits miracles quotidiens nous apparaissent comme une évidence qu'ils ne sont pourtant pas.

Sinon à part ça :
. Nous sommes allé visiter l'église de Santiago Apostol qui était fermée. Célestine a expliqué à ses frères et sœurs que c'était une église romane.
. Dans la série auto-congratulations, Paola est en train d'apprendre "Cher frère blanc" de Léopold Sedar Senghor.
. Marin qui en a marre d'être le seul à ne pas travailler, vient de commencer son cahier d'exercices de l'année dernière. Je garde cette information au chaud pour le temps béni de l'adolescence où, à n'en pas douter, cette soif de travail et de connaissance ne sera plus qu'un lointain souvenir.
. Marin, toujours lui, est devenu le plus grand freineur (sur petit vélo à roulettes) de l'histoire. il est tellement peureux qu'il freine sur le plat.
. Demain c'est la Saint Valentin et Sidonie nous dit confessé qu'elle ne pouvait rien offrir à son amoureux car il habite à Connaux. Ma fille est un modèle de fidélité puisqu'elle n'a pas vu Baptiste depuis Juin 2009.
. Marin a toujours du mal avec la prononciation du "R" en espagnol. Il oscille entre le "L" et le "R" français surexprimé. Ceci explique que ce matin il fait un dessin de Saint Valentin pour Barbala (en fait Barbara) et il est aussi en classe avec une certaine Bloute (en fait Ruth).
. Sidonie est sur des charbons ardents car Lundi, la cousine de Uma, entre à l'école. D'après ce qu'elle sait, elle arrive de Mauritanie et a vécu en France. Elle ne parle pas espagnol mais est sensée être (un peu) francophone.
. J'ai fini le premier pot de confiture d'orange préparée par Estelle la semaine dernière.
. Nous avons prévu un pique-nique aujourd'hui. En fonction du temps, pour le moment assez incertain, il aura lieu :
. A l'ermita d'Alajero
. A la piscine
. Sur la terrasse
. Dans la salle à manger.

Excellente journée à tous et toutes.

Les MEJEAN PAOLI

vendredi 11 février 2011

Plein de photos


Des gens nous ayant reproché de ne pas mettre des photos sur le blog, j'ai créé un album Picasa pour combler ce manque, o combien inexcusable.

C'est là

mercredi 9 février 2011

La Gomera, c'est tout petit.


Lundi, en rentrant de notre balade à Valle Gran Rey, nous avons pris en stop deux jeunes allemands qui voulaient faire des provisions à Arure avant d'aller faire des randonnées dans le parc national du Garajonay.
Aujourd'hui, en rentrant de San Sebastian, nous avons pris en stop deux jeunes allemands qui voulaient aller randonner jusqu'à El Cabrito.
Le côté "rigolo" de ces deux faits pourtant fort communs est que ce sont les même allemands que nous avons transporté les deux fois.
Je dois vous avouer que je n'étais pas tranquille car à chaque fois nous avions des provisions dans la voiture et vous n'êtes pas sans savoir que j'aime beaucoup utiliser les expressions suivantes :
. "Je mange ou je bois ...., c'est toujours ça que les allemands n'auront pas"
. "Gardons ...., au cas où les allemands rattaquent".
C'est ma façon à moi de contribuer au racisme ambiant et ce à moindre frais. Et puis mon grand-père maternel a quand même été prisonnier de guerre chez nos amis d'outre Rhin, cela a dû laisser des traces.

Sinon à part ça :
. Nous avons acheté quatre plants de salade verte, deux de piments rouges et un d'oignon. Je les ai planté en arrivant et depuis il pleut.
. J'ai envoyé un mail vengeur à notre propriétaire qui refuse de racheter un aspirateur après le décès plus que prématuré de l'immonde merdouille chinoise qui nous servait à aspirer les kilos de cheveux que ma femme et mes filles perdent quotidiennement. Je voudrai à l'occasion dire à ma mère la chance qu'elle a eu de ne faire que des garçons.
. Ce matin, nous avons été gratifiés d'un lever de soleil absolument fabuleux. Marin a dit que c'était du yaourt à la fraise. La photo ne rend pas grâce au sujet, mais elle donne une vague idée du spectacle.
. Notre Wii fait un bruit bizarre et l'alimentation est morte. Nous en avons commandé une (l'alimentation) chez notre réparateur de San Sebastian.
. Estelle part Vendredi matin et nous avons appris qu'un des moteurs du Benchi Express était mort aujourd'hui. Nous espérons qu'il y aura un bus de remplacement. d'après un site du coin se serait sa sortie en cale sèche annuelle et Estelle aurait donc mal compris ... affaire à suivre.
. Estelle, qui est un peu prout-prout, a décidé qu'elle allait dorénavant éviter les bus Eurolines. Elle va de ce fait faire les aller-retour en voiture de location Europcar. Faites donc attention les 11 et 18 Fé
vrier sur les tronçons d'autoroute entre Girone et Nîmes.
. Nous sommes en pleine deuxième saison de "Dr House" et cette nuit j'ai rêvé que j'avais le peste noire.
. Célestine sait faire des grenouilles en papier.

A bientôt.

PS : ça y est, le soleil est revenu.

lundi 7 février 2011

Laguna Grande et Valle Gran Rey


Hier, nous sommés allés pique-niquer à Laguna Grande. C'est une grande clairière dans le parc du Garajonay avec des jeux pour enfants (dont une tyrolienne que les nôtres ont squattée pendant des heures), des endroits pour manger (avec des tables, des bancs, des barbecues de compétition et même des fours à pain ou à pizza selon les goûts le tout avec du bois à disposition) et des vestiges archéologiques.


Comme vous pouvez le constater, Marin aime bien faire des clins d'oeil sur les photos.
Il faisait un temps magnifique et on a fait la sieste dans l'herbe pendant que les enfants hurlaient à bonne distance.


Aujourd'hui nous sommes allés (sans les enfants cette fois) nous promener à Valle Gran Rey jusqu'à une petite cascade. C'est assez rare ici où tous les cours d'eau sont à sec 360 jours par an. Comme nous avons remonté le cours d'eau. Estelle en a profité pour bien vérifier (c'est une scientifique) que ses nouvelles chaussures de randonnée ne sont pas étanches. Les allégations du site internet de Décathlon sont donc totalement véridiques : elles ne sont pas du tout étanches.


Nous nous sommes arrêté en chemin à la "Tienda del vino" de Arure. Nous y avons fait des emplettes car mamie Danièle, à qui Estelle doit son goût immodéré pour les boissons alcoolisées, arrive le 07 Mars.
Nous avons acheté, pour tester, six vins blancs de La Gomera (la culture viticole n'est ici pas très développée et les rouges autochtones que nous avons gouté nous ont laissé de cuisants souvenirs) :
. Un Cumbres de Garajonay fermentado en barrica (Vallehermoso).
. Un Cumbres de Garajonay (Vallehermoso).
. Un Cinco Varas (Vallehermoso).
. Un Asocado (Vallehermoso).
. Un Portillo de Mona (Valle Gran Rey).
. Un Acevinon (Hermigua).
Vous remarquerez qu'aucun ne vient de Playa Santiago car dans le quartier, nous sommes en monoculture : les cailloux.
Nous avons aussi acheté une bouteille de Roque Cano "Mistela" qui est une sorte de vin à l'orange (il y a aussi de la cannelle et de l'anis).
Nous vous communiquerons les résultats des tests ultérieurement.

samedi 5 février 2011

Pour Jackie

Estelle avait pris rendez vous chez le coiffeur pour Marin mais c'était Mardi à 16h30 et le Mardi à 16h30, notre cadet rentre juste de sept heures d'école et une heure de judo.
J'ai donc dû prendre mes responsabilités

Et hop !

jeudi 3 février 2011

2011 : année de la génétique.

Bonjour à tous et toutes,

Passons d'abord le difficile obstacle du mea (maxima) culpa pour ce silence digne d'un internaute égyptien coupé de son lectorat par un dictateur peu éclairé. N'ayant pas d'excuse hors une nonchalance intergalactiquement connue, je vais me borner à vous souhaiter une très heureuse nouvelle année 2011. Qu'elle vous apporte la santé, l'amour et le bonheur (ou que vous les gardiez).

Comme le titre de cette note l'indique, cette année sera scientifique et aujourd'hui c'est génétique.

Vous savez, j'ai implanté un laboratoire de toutologie (détaché du CNRS) à Playa Santiago et ce matin nous avons fait une découverte majeure : les spécificités du gêne dit du "plutôt mourir que de laisser gagner un autre à un jeu même si mon adversaire est beaucoup plus petit que moi et que ledit jeu est ridicule" plus connu sous l'appelation "gêne de tonton Pete".
Déroulement de l'expérience :
Marin est le plus long à manger son petit déjeuner et nous devons alterner les menaces de mort et les vibrants encouragements pour ne pas louper le bus du matin. Aujourd'hui, seuls Sidonie et Marin restent à tables (nos deux autres filles ne mangent pas, elles gobent les aliments) et Marin a fini sa tartine et ses céréales. Estelle et moi sentons que nous pouvons atteindre notre Graal matutinal et sentons une décharge d'adrénaline galoper dans nos veines. C'est à ce moment qu'Estelle déclenche le processus avec la phrase suivante : "Vas-y Marin, bois vite, tu peux gagner Sidonie !". Ladite Sidonie est en train de finir ses céréales Nesquik. Le reste est décrit à vitesse réduite pour vous permettre de suivre. Sidonie gobe les dernières céréales puis nous gratifie d'un cul-sec de ses 250ml de lait chocolaté en moins de 10 secondes et sans respirer. Elle repose ensuite le bol sur la table en regardant Marin avec un petit sourire et s'en va.
Ce gêne fut découvert par Odile MEJEAN (laboratoire de toutologie du Bosquet) en 1986 lorsque tonton Pete (9 ans à l'époque) refusait de laisser gagner tonton Virgile (3 ans à l'époque) quelque soit le jeu.
En faisant comme avec les drosophiles on peut dire :
. Le gêne touche les deux sexes.
. Il est récessif (je ne suis pas atteint) .

Sinon en vrac et en oubliant plein de trucs :

. On est rentré en France pour Noël et c'était très bien. On est allé au Grau du Roi, à Connaux, à Pont de Labeaume, à Saint Etienne de Fontbellon, à Langlade et à Val Thorens.
. J'ai travaillé un tout petit peu à la pharmacie.
. J'ai fait mon trajet Tresques - Playa Santiago en voiture puis voiture dans ferry (2000km de route puis deux jours de mer) et tout s'est très bien passé. Nous sommes maintenant la seule voiture immatriculée en France à rouler sur les routes de La Gomera.
. Nous avons eu la visite de Jackie pendant 10 jours en Janvier ce qui a ravi les enfants et le marchand de bonbons de la place du village. Nous avons découvert à cette occasion que nous avions un fer à repasser et une planche à repasser. Comme je suis le préposé au repassage, ils sont tous les deux retournés dans leur placard.
. Notre carnet de bal se remplit puisque nous avons de la visite en Mars, en Avril et en Mai.
. Un groupe du troisième âge est venu passer une semaine du 30 Décembre au 06 Janvier. Nous n'étions pas là mais tout s'est semble-t-il bien passé. La voisine nous a dit qu'ils avaient passé leur temps nus. Nous espérons qu'elle voulait dire torse nu.
. Sidonie a eu 9 ans, Célestine 10 ans, Clément 23 ans, Papi Roland 63 ans, Martine (biip) ans : très bons anniversaires à eux.
. Nous avons à nouveau gravi l'Escrinet Papa et moi et cette fois-ci Virgile et Clément nous ont accompagné. Pierre-François s'est lamentablement défilé. Cet été nous avons programmé La Chavade (enfin les 10 derniers kilomètres).
. Clément vient de déménager à 10 mètres de chez Margot mais il nous a clairement expliqué que son choix n'était motivé que par des considérations économiques et pratiques. On a beaucoup ri (c'est vrai qu'il a beaucoup d'humour ce jeune).
. Notre aspirateur est mort et on essaye de motiver notre propriétaire pour qu'il le remplace mais j'ai l'impression qu'il a du sang ardéchois dans les veine (et pourtant il est anglais ce qui tendrait à démontrer que ma théorie selon laquelle les ardéchois ont conquis le monde est bien exacte).
. Le bateau est sensé arriver à la fin du mois. Il n'y a pas de place à Playa Santiago et je vais avoir le plaisir de donner beaucoup d'argent à la marina de San Sebastian.
. Cette semaine un radeau et un canot ont respectivement quitté Valle Gran Rey et San Sebastian pour traverser l'Atlantique.
. Sidonie a été sélectionnée pour aller faire du judo à Tenerife une fois par mois. Je vis depuis dans la peur de devoir me taper des déplacements (ici tout est loin même si c'est près et en plus parfois c'est loin) pour aller passer des heures à regarder des adolescents se rouler sur des tatamis. Il nous faut aussi jongler avec la dépression nerveuse de Célestine qui n'a pas été sélectionnée (il faut dire que le banane greffée depuis sur le visage de Sidonie ne l'aide pas).
. Une amie de Célestine lui a offert pour son anniversaire un teeshirt avec une tête de lapin et la mention "Playboy". Puisque je lui ai dit que je préfèrerais qu'elle évite de le porter hors de la maison, il a fallu que je lui explique le concept de playmate : un très grand moment dans ma vie.
. Sidonie a eu un appareil photo GoPro HD pour son anniversaire. Il fait des filmes en HD mais je ne sais pas les lire. En attendant on filme et on fait des photos.
. Hier je suis allé aider mon voisin à déménager. Comme il est allemand et que les deux amis venus l'aider le sont aussi, j'ai bu trois bières en me disant que j'aurai dû mieux travailler ma deuxième langue étrangère au collège et au lycée.
. Tout le monde a été malade depuis notre retour de France. Les plus durement touchés furent Paola et Marin à qui nous avons diagnostiqué la grippe. Estelle a pu donner libre cours à son addiction numéro un : prendre la température. Je dois dire que je suis responsable car j'ai acheté un thermomètre électronique auriculaire il y a de cela quelques années. Il va sans dire qu'un modèle rectal au mercure agirait comme une bonne cure de désintoxication car je doute que les enfants seraient aussi dociles. Quoi qu'il en soit tout va mieux. Je note pour l'histoire qu'Estelle a suspecté, pour Paola, une méningite ET une kératite herpétique (non, je ne me moque pas).
. Estelle, toujours elle, se bat avec l'énergie du désespoir contre les poux que nous avons récupéré au Costa Rica il y a de cela un an.
. Marin va à la cantine de l'école depuis la rentrée de Janvier et tout semble bien se passer. Il nous assure qu'il mange bien sa soupe et nous avons décidé de le croire. Nous sommes donc sans enfants du Lundi au Vendredi de 08h00 à 15h20 ce qui nous laisse plein de temps pour ne rien faire.

Je crois que c'est tout pour aujourd'hui.

A dans trois mois (mais non, je lole).

Les MEJEAN PAOLI

mercredi 17 novembre 2010

Bonjour les gens ("les gens" se dit d'ailleurs "la gente" chez nos voisins ibériques et c'est au singulier ce qui m'a valu de passer pour un vil analphabète de nombreuses fois),

Je suis donc en France depuis Jeudi dernier pour un stage en entreprise et en milieu froid. Tout se passe bien mais je suis plus que content que ma période croissançogène (néologisme bienvenu en période de crise) se termine demain.
J'ai heureusement farci mon séjour de nombreuses sorties qui m'ont permis de quitter mon bocal pharmaceutique :
. Jeudi soir et Vendredi matin à Nîmes (j'ai acheté plein de trucs pour aider notre PIB).
. De Samedi midi à Dimanche soir en Ardèche. Nous avions la visite de mes oncles Jean-Marc et Michel et ce fut l'occasion d'un magnifique lâcher de grandes bouches. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés papa, Michel et moi à gravir les pentes escarpées de l'Escrinet par un Dimanche matin froid, venteux et pluvieux (l'équipe médico-technico-journalistique était composée de Clément et Jean-Marc). A part cela nous avons bien bu et mangé.
. Dimanche soir chez les Bompart avec des conversations de haute teneur philosophique et un film d'art et d'essai (2012) immédiatement suivi d'un débat "Imaginez l'aménagement intérieur du vaisseau français en cas d'apocalypse sous la présidence de Nicolas S. : pour ou contre le revêtement intérieur intégral en moquette rouge".
. Lundi midi, repas chez Mike et Marie-Odile. Malgré l'achat d'un chargeur hyperintelligent, il n'a pas été possible de ramener à la vie les batteries de ma 900 MHe. Nous l'avons démarrée avec des câbles mais la cause est entendue, Jésus n'aura pas d'équivalent à Connaux. Par contre, ces quelques centaines de mètres effectuées au guidon d'une moto ont achevé de me convaincre qu'il faut vraiment que j'investisse dans un nouveau véhicule à deux roues.
. Mardi soir, retour chez les Bompart pour une soirée gâchée par un choix cinématographique désastreux de la part du maître de maison. Nous avons toutefois assisté au premier dépannage informatique entre la France et les Canaries. Un grand moment de rigolade car la geek à l'autre bout n'était autre qu'Estelle qui proposait, à chaque ligne de code, des solutions alternatives à un Olivier au bord de la crise de nerfs.
. Ce soir je m'en vais à Montpellier pour manger avec Pete et Clément.

Sinon :
. Nous avons internet depuis Jeudi dernier mais la connexion nécessite l'attention quasi permanente d'Estelle pour fonctionner.
. Marin est, semble-t-il, déjà entré dans sa crise d'adolescence : il soutient sans faillir à sa mère que deux et deux font cinq et qu'elle n'y comprend rien.
. Tonton Pete a eu 33 ans le 12 Novembre et Margot moins un peu plus tôt
. Clément se demande actuellement s'il ne va pas changer de carrière sportive. Le sumo semble actuellement plus le tenter que le basket. Personnellement, cela va peut-être me permettre d'être moins ridicule en snowboard cet hiver.
. Virgile et Anne-Claire sont allés, une semaine durant, faire les capitalistes sanguinaires exploitant les masses laborieuses nord africaines à Djerba.
. Notre vendeuse de fruits et légumes (qui fait beaucoup pour la croissance du PIB canarien) nous a fait découvrir un fruit fabuleux : la pitaya. C'est très bon mais surtout la couleur de la chair est absolument incroyable.
. Nous avons eu un joli remaniement. Je vous signale juste la disparition du bouclier fiscal et de l'ouverture, comme quoi même les imbéciles changent d'avis.
. Nous avons une nouvelle immatriculation pour la Corolla.
. Ma progression en apnée est grandement freinée par un employé du port de Playa Santiago. Dès qu'il y a un peu de vagues, il m'interdit d'aller plonger. Mercredi dernier, je l'ai feinté en allant en douce à Tapahuga. L'eau était un agitée et donc moins transparente que d'habitude mais ce fut tout de même très agréable.
. Nous avons testé le restaurant (le Tagoror) de nos nouveaux voisins avec la maman d'Estelle. Le cadre est très joli, la nourriture excellente et les prix très raisonnables.
. Estelle et sa maman ont testé le Golf de Tecina. Elles ont pris des cours avec un écossais prénommé Ian qui semble tout a fait charmant et pédagogue (comme moi sur un voilier en fait). Elles ont même gagné un joli diplôme.
. Olivier m'a donné à lire un livre (en anglais) sur Drupal. Je suis persuadé que cela me permettra de briller en société (plus qu'avec un vulgaire Houellebecq, fut-il goncourisé).
. Nous avons vaincu le sommet de La Gomera. Le Garajonay (qui donne son nom au parc, de ce fait homonyme) qui culmine à 1487, offre une vue panoramique sur toute l'île. Il parait même que par temps très clair, on peut voir La Palma, El Hierro, Tenerife et même Gran Canaria. Ce jour là il n'y avait pas un nuage mais aucune île n'était visible. La faute à un vent de sable venu d'Afrique qui trouble le bleu habituel. Les gens du coin l'appellent "La calima" mais je ne suis pas sûr et je n'ai rien trouvé via Google.

Il est maintenant temps pour moi de vous quitter. Le devoir m'appelle et les tresquois en détresse ont besoin de mon aide.

J'espère qu'il n'en est rien pour vous.

A bientôt.

Les MEJEAN PAOLI

mardi 26 octobre 2010

Une nouvelle glaciation


Bonjour,

Conscient que certaines personnes me soupçonnent d'être un tantinet excessif, je vais tâcher d'écrire de façon aussi factuelle qui soit.
Je suis actuellement dans la pharmacie de Tresques, à l'heure de la fermeture et dehors, les éléments (enfin surtout un) sont déchainés. Il fait un vent à décorner les escargots et comme il fait nuit et que Claude A. est un visionnaire incompris, il fait un froid polaire (je vous rappelle que je suis présentement on ne peut plus factuel). Il fait tellement froid que les canalisations on gelé et que je vais devoir aller me laver dans le Rhône après avoir cassé la couche de glace qui le recouvre intégralement (là, certains d'entre vous auront détecté des failles dans ma factualité). Heureusement que mon régime n'a pas totalement ôté la couche de graisse brune dont je me suis patiemment recouvert tout au long des ces dernières années, j'aurai pu y laisser la vie. Je me sens un peu comme Rahan, le fils des âges farouches.

Au même moment, ma femme et mes nombreux descendants sont dans un piscine non chauffée à barboter sous un plaisant soleil.
Inutile de vous dire que je suis bien content de ne pas être avec eux.

Aujourd'hui est néanmoins un jour heureux puisque Clément est sorti de l'hôpital avec la ferme intention (normalement justifiée) de ne pas y remettre les pieds avant un bon moment. Cette grandiose nouvelle me réchauffe tant le cœur que je ne me rend presque plus compte que même à l'intérieur, mes doigts sont froids et engourdis (factuel).

Je vous laisse donc pour aller tenter de faire cuire quelques aliments dans ma retraite solitaire.

Et comme diraient les costariciens, qui sont des gens forts religieux (un peu comme Paola), en ces temps d'incertitude :

Hasta mañana, si Dios quiere.

Le MEJEAN PAOLI des glaces

vendredi 22 octobre 2010

Interlude français



Pour des raisons familiales, et grâce à l'extraordinaire flexibilité de Marie-Odile que je remercie encore, je suis en France du 22 au 29 Octobre.
Je commence cette note alors que je suis encore à Pueblo Don Thomas d'où nous parviennent quelques faibles bribes de l'agitation qui règne en France. J'espère que j'arriverai à rejoindre Montpellier Vendredi soir car j'ai prévu de faire le trajet en provenance de Girona par le train (billet Renfe mais trajet majoritairement sur le sol français). Avant que les désagréments ne me fassent changer d'avis, je suis plutôt pour cette contestation puisque la réforme me semble (de mon point de vue d'hypermétrope astigmate) foncièrement injuste.
Je suis d'accord qu'il faut travailler plus longtemps mais les efforts doivent être équitablement répartis. Il faut bien se rendre compte que finalement, quand on tape toujours sur les mêmes, ils finissent par s'en apercevoir (ça, cela fait longtemps, ils ne sont pas plus cons que les autres quoi que certains en pensent) mais surtout un beau jour ils finissent par en avoir un peu marre et le font savoir. Comme le dirait l'autre : gentlemen, start your engines !
Sinon à part ces considérations hautement philosophiques :
. A la récréation, les camarades de classe de Marin mangent des caillettes (je ne m'abaisse même pas à expliquer ce que sont les caillettes, monument gastronomique s'il en est). Après vérification, ce sont des galletas (prononcer gayétas) qui sont des petits gâteaux.
. Paola et moi commençons à savoir siffler comme les vieux gomériens qui silbotent. On plie l'index, on le met dans sa bouche, on souffle et ça fait un sifflement. Bientôt un démonstration sur Youtube.
. J'ai commandé quatre kimonos de judo (prononcer youdo) chez Decathlon (120, 130, 140 et 170 cm) et je les récupère Samedi après-midi à Montpellier. Sidonie croit encore qu'elle fait du kung-fu ou du karaté (cela dépend des jours).
. L'autre jour, en attendant le ferry d'Estelle, nous avons vu en groupe d'une dizaine de dauphins à 20 mètres au large de l'entrée du port. L'un d'entre eux a fait trois fois une jolie pirouette hors de l'eau.
. Au informations télévisées canariennes, j'ai vu (et entendu) Dominique Strauss-Kahn parlant anglais et doublé en espagnol. Je ne m'en suis toujours pas remis.
. Les cours de religion portent de plus en plus leurs fruits. Paola, en regardant la couverture d'un des livres comiques que j'ai emprunté à tonton Virgile ("La guerre de trente ans : 1618 - 1648" de Henry Bodgan) s'écrie : "Il y a plein de Jésus morts". Il y a en fait un dessin avec des cadavres dont certains sont en position de "crucifié allongé". Sidonie lui réplique : "Jésus n'est pas mort puisqu'il s'est envolé". Je lui fait remarquer que Jésus est mort et qu'il est ensuite ressuscité (j'ai une solide formation en théologie fondamentale). Sur ce, Sidonie me regarde avec un sourire moqueur et me dit : "Ah ah, c'est ça !". Je suis allé brûler une bougie anti-moustiques pour expier les péchés de ma descendance.
. Marin a eu quatre ans le 17 Octobre. La canne à pêche qu'il attendait depuis des mois est arrivée à cette occasion et nous l'avons testée, entre hommes, ce Jeudi. Nous n'avions ni appâts, ni plombs, ni bouchon et comme on pouvait s'y attendre, aucun poisson ne nous a fait l'amitié de venir se suicider sur notre hameçon.
. Lors de l'absence d'Estelle, nous avons fait la connaissance de Jesus (par le même, celui-ci n'a par marché à la surface de la piscine), Maria-Jose et Helena. Ce sont les propriétaires de l'appartement au dessus du nôtre. Ils sont très gentils et habitent à Gran Canaria. On a pas mal discuté (enfin surtout pour moi qui discute rarement avec des inconnus) et ils sont venus manger à la maison. Comme j'étais alors un père célibataire, ils ont apporté la nourriture et l'ont cuisiné chez nous. J'ai alors pu découvrir les secrets de la cuisine espagnole. En fait, il n'y en a qu'un : une consommation illimitée d'huile d'olive. Sans exagérer, ils ont passé au moins 750ml dans la soirée. Nous avons mangé : gaspacho, salade verte, frites maison et croquetas (des sortes de boulettes très bonnes). Comme je sais quand même recevoir, j'ai ouvert la bouteille de "Terre promise" apportée par Ludovic et Stefania. Il était excellent et ils ont beaucoup aimé. Leur appartement est à la location si quelqu'un est intéressé.
. Sidonie est en ce moment même à un anniversaire et Paola est invitée Dimanche. Célestine, dont le carnet de bal est encore vierge, se désespère.
. Mercredi, nous avons acheté du thon chez le poissonnier de San Sebastian et les 1250 grammes n'ont pas entendu les douze coups de minuit. Non, nous n'avons pas ni pendule ni clocher proche, c'est une de mes fameuses formules ampoulées pour dire qu'en deux plats (un thon à la tahitienne et des pâtes au thon, aux olives et à la sauce tomate), nous avons tout mangé dans la journée.
. La curiosité linguistique du jour. En espagnol, pluie de dit lluvia. Par contre pluviomètre se dit pluviometro. Peut servir dans un cocktail où l'on se fait un peu ..... .
. La curiosité administrative du jour. Playa Santiago n'est pas un village mais un quartier. Il est de plus muni en son milieu de la limite entre les communautés de San Sebastian de La Gomera (à l'Est) et Alajero (à l'Ouest). Nous habitons à l'Ouest de la frontière et les enfants vont à l'école à l'Est. A la différence des belges, les vietnamiens (avant que l'unité du pays ne se fasse grâce à ma seule naissance et non pas, comme le prétendent certains historiens, du fait de l'oncle Hô) et des coréens, la coexistence est parfaitement pacifique.
. Je suis maintenant dans le Benchi Express en partance pour Los Cristianos via San Sebastian. Le temps est clair, la mer est plate, le renard est dans sa tanière. Dans 13h30, je serai normalement dans l'appartement de Clément à Montpellier.

Excellente journée à tous.

Les MEJEAN PAOLI

lundi 11 octobre 2010

Trithérapie

Cela fait maintenant plus d'un mois que nous sommes installés à Playa Santiago. Force est de constater que nous nous habituons facilement à la vie gomérienne, largement aidés, il est vrai, par les conditions plus que propices. Le temps est absolument parfait : mélange de soleil, de ciel bleu ayant le bon gout de faire de jolis dégradés avec celui du ciel, brise rafraichissante à l'ombre. Le rythme de vie est approximativement celui de la cote caraïbe du Costa Rica et on se surprend parfois à essayer de ralentir un pas déjà fort tranquille tout en essayant de faire le plus de bruit possible (malgré la faible vitesse de déplacement) en raclant consciencieusement les tongs sur la chaussée.
Les enfants s'intègrent selon des rythmes qui leurs sont propres avec, dans l'ordre décroissant : Paola, Célestine, Sidonie et Marin. Marin qui toutefois, et à son corps défendant, laisse peu à peu infuser l'espagnol en lui. Pour preuve, sa sortie remarquée du bar "La Chalana" lorsqu'il ponctua son départ par un tonitruant "Adios guapa" à l'attention de la serveuse qui est aussi aide à la cantine de l'école. Cette expression peut être traduite par "Au revoir beauté". C'est dans ce même bar que nous avons rencontrée Gwenaëlle (nous sommes poursuivis par les bretons qui nous suivent à chaque étape de notre vie : Carole puis Ingrid et Erwann puis Gwenaëlle et surement beaucoup d'autres que nous n'avons pas détectés). C'est la maman de Mateo qui est en classe avec Célestine. Elle est fort gentille et nous avons discuté un bon moment. Ils vivent ici depuis 6 ans en provenance d'Israël où ils avaient vécu 15 ans. Son mari est pécheur mais uniquement pour sa consommation familiale (comme quoi je ne suis pas le seul a avoir une profession non rémunératrice). Ils sont venus en vacances et ont décidé de s'installer. J'ai l'impression qu'ils ont une philosophie de vie assez proche de la notre.
Nous avons aussi rencontré Corinne, belge francophone qui fait des spectacles de marionnettes. Elle est ici pour se rapprocher de sa fille et de sa petite fille.
Dimanche dernier, Paola nous a démontré les progrès réalisés en théologie fondamentale depuis qu'elle a des cours de religion. En entrant dans la cuisine elle a dit : "Pion pion, c'est le jour du Seigneur, on fait des maths".
En parlant de maths (habile introduction d'un nouveau sujet), je me suis aperçu d'un curieux phénomène. En 2010, la famille MEJEAN PAOLI a 100 ans tout rond soit 37+34+10+9+6+4. Je pense qu'avec cette nouvelle, vous dormirez mieux ce soir.
Lors de la visite de nos amis, nous avons découvert un sport tout à fait captivant : "les bolas en couple mixte". Olivier et Ludovic ont été subjugués et se sont engagés à promouvoir cette discipline dans leurs régions respectives.
Maintenant attaquons la partie difficile des nouvelles du jour. Malgré des températures très largement supérieures à celles que vous pouvez connaitre en France, Estelle a froid ici et veut importer une polaire aux Canaries. Notre intégration n'étant pas achevée, j'ai peur que cette action pour le moins surprenante ne la compromette gravement.
Dernier point et non des moindres : je n'arrive pas à mettre les accents circonflexes sous Ubuntu. Merci de me pardonner les omissions.

En guise de conclusion, je voudrai rappeler que mon épouse a abandonné le domicile conjugal (et donc le lit) depuis maintenant trois jours. Les enfants sont alimentés, la maison resplendit, la lessive est à jour, les cours du CNED sont effectués et nous n'avons jamais été en retard le matin. Seule ombre au tableau : j'ai une sorte de migraine perpétuelle qui me force à prendre quotidiennement mon mélange magique : 1000mg de paracetamol, 1000mg d'aspirine et 400mg d'ibuprofène. Quand je vous dis qu'elle ne me manque pas !

Un bonjour de Playa Santiago (climat subtropical sec selon les cours de Conocimiento del medio de Sidonie).

Les MEJEAN PAOLI

jeudi 23 septembre 2010

Adaptation

Une des qualités dont j'espère que mes enfants seront dotés plus tard est la capacité d'adaptation. Elle est pour moi plus qu'importante car elle est utilisée chaque fois que la vie (et les occasions sont nombreuses) décide de nous envoyer une nouveauté dont nous nous serions parfois bien passé.

C'est dans cette optique que nous avons décidé de quitter quelques temps Connaux et l'existence relativement tranquille que nous y avions.

L'arrivée au Costa Rica fut en cela un changement plus que formateur car les points communs avec notre existence d'avant n'étaient pas nombreux.

Les enfants se sont adaptés en un temps record et une facilité déconcertante. Leur quotidien costaricien était pour eux absolument aussi commun que ne l'était auparavant le modèle connaulais (comme ça, vous connaissez le nom des habitants de Connaux).

Notre arrivée à La Gomera (et plus précisément à Playa Santiago) fut moins dépaysant mais les apparences sont parfois trompeuses :

. Il y avait plein de francophones à l'école de Playa Chiquita et ici nous n'avons trouvé qu'un garçon de l'âge de Célestine (avec lequel les relations sont tendues mais vous me connaissez, j'aurais plutôt tendance à m'en féliciter).

. Au Costa Rica, nous avons appris à écrire avec des lettres minuscules séparées et ici il nous faut réapprendre à écrire en attachant les lettres.

. La Gomera parle castillan mais un castillan un peu différent de celui que nous avons appris l'année dernière.

. Ici il fait moins chaud mais le soleil tape fort et laisse de jolies ombres chinoises (rouges) sur notre peau laissée découverte.

. L'année dernière on vouvoyait tout le monde et on disait « Maestra » à la maitresse. Ici, on tutoie et le maître de Sidonie ne répond qu'à « Felipe ».

. Les machettes d'ici n'ont pas la même forme que celle ramenée de Bribri.

. Ici il y a l'ADSL mais le technicien met plus de trois mois pour passer alors finalement on a moins internet qu'à la maison de Carl où l'on piratait le réseau de « Casa Viva ».

. Pour aller à l'école de Playa Chiquita, nous avions les vélos et on mangeait dans la cour le repas préparé par les parents. Ici, on prend le bus (la guagua) et les trois grandes mangent à la cantine.

. Ici les routes sont en parfait état mais il y a beaucoup moins de monde qui y passe dessus.

. Ici l'éclairage public s'éteint avec le jour qui se lève.

. Ici la jungle, le sable blanc, les animaux et la mer tiède sont remplacés par une succession de falaises, une mer fraiche, des lézards et des plages de sable (un peu) et de galets (beaucoup) noirs. A ce propos, j'ai découvert ici un son très particulier. Il s'entend lorsqu'une vague assez grosse se retire après avoir gravi le rivage. En repartant, et emmène avec elle des galets qui en roulant les uns sur les autres font un son très agréable.

. Ici la vie est rythmée par le passage des ferries Fred Olsen qui passent à toute allure en direction de El Hierro ou de Valle Gran Rey.

Nous n'aurons donc pas internet cette année car l'abonnement est de un an minimum et il n'aurait commencé que fin Novembre (au mieux). On utilise donc le wifi du Contry Club (prononcer «countri cloubé » dont nous sommes maintenant membres (c'est la grande classe capitaliste sanguinaire exploitant les masses laborieuses).


Nous avons redécidé d'importer notre Corolla à La Gomera. La nouvelle tentative aura lieu du 16 au 18 Janvier 2011. En attendant, nous avons troqué notre Opel Astra de chez CICAR pour une Nissan Micra de chez « La rueda ». Cela nous coûte un bras mais un aller (en Septembre) – retour (en Décembre) avec la Corolla nous prenait un avant-bras et huit jours de trajet.

Nous avons reçu le CNED et les enfants ont commencé à travailler. Cette année, une partie des devoirs se fait sur internet. Cela tombe bien, nous n'avons pas internet dans l'appartement.

Mon écran de 23 pouces a été bloqué quelques jours à la douane (il manquait la facture) juste pour que je ne puisse pas faire le malin quand les Bompart et les Lacroix seront là.

Oui, vous avez bien lu. Dès demain, et en deux vagues successives, nous allons recevoir nos tout premiers invités. Nous sommes absolument ravis et impatients de les voir arriver.

J'ai élagué notre palmier et je suis assez content du résultat obtenu. Des photos viendront dans quelques jours.

Nous avons eu une coupure partielle d'électricité pendant trois jours. Ce n'était qu'une ligne du disjoncteur (habilement cachée) qui était descendue. Estelle, stressée par cet état de fait contre lequel nous ne savions pas quoi faire, a décidé de toucher l'alarme pour voir si cela arrangerait nos affaires. Résultat : trois heures de sirène hurlant dans la maison et personne pour nous aider. Nous avons fini par trouver le code de désactivation : 1234. J'ai, à cette occasion, découvert qu'un son peu engendrer une très grande douleur. Je n'avais jamais testé. Estelle est depuis ce jour célèbre dans toute la résidence.

Je pense que c'est tout pour aujourd'hui. Nous espérons que vous allez tous bien.

A bientôt.

Les MEJEAN PAOLI

vendredi 17 septembre 2010

Petit précis à l'usage du voyageur

Une question revient fréquemment dans les nombreux courriers que m'envoient mes lecteurs du monde entier :
"Mais comment donc faites-vous Jérôme (ils me vouvoient, c'est plus respectueux) pour gérer quatre enfants en sachant que l'efficacité de votre charmante épouse est grandement diminuée par la quantité d'alcool circulant perpétuellement dans son sang ?"
La réponse est comme toutes les bonnes réponses : simple. Il n'y a pas de truc, seule une parfaite organisation permet cet exploit quotidien.
Un exemple parlant mieux qu'un long discours, je m'en vais vous en narrer un.
Nous avions décidé d'importer notre vaillante Toyota Corolla afin d'éviter d'acheter un véhicule sur place malgré une incompétence crasse en mécanique.
Nous avions trouvé un plan comme les aime Hannibal dans l'agence tous risques.
. 17 Septembre 2010 : Tresques - Portimao en voiture
. 19 Septembre 2010 : Portimao - Santa Cruz de Tenerife en ferry
. 21 Septembre 2010 : Santa Cruz de Tenerife - Los Cristianos en voiture
. 21 Septembre 2010 : Los Cristianos - San Sebastian de La Gomera en Ferry
. 21 Septembre 2010 : San Sebastian de La Gomera - Playa Santiago en voiture.
L'autre avantage : nous permettre d'importer une demi tonne de merdouilles dont nous avons moyennement besoin (comme par exemple la machine à coudre de Mamie Jojo).
Or, nous sommes le 17 Septembre 2010, il est 13h56 et le Benji Express dans lequel je me trouve va appareiller pour La Gomera.
Distorsion spatio-temporelle due au réchauffement climatique ? Cela se pourrait mais non, j'ai juste trop attendu pour acheter mes billets et il n'y avait plus de place dans le Portimao - Santa Cruz de Tenerife.
J'ai donc sorti un plan B comme on apprend à en faire au Costa Rica où rien ne marche comme prévu.
Hier soir, j'ai testé le bus Eurolines entre Nîmes et Gerone (37 euros). Le ticket dit qu'il faut y être une demi heure avant le départ pour enregistrer le billet. C'est une bonne idée mais il n'y a personne et le bus avait 25 minutes de retard. Alors que j'allais me suicider, j'ai aperçu un vieux monsieur avec deux grosses valises. Il attendait lui aussi et semblait connaitre le système, je me suis donc détendu. Nous nous sommes arrêtés 50 minutes (sans aucune explication) sur une aire d'autoroute juste avant Narbonne puis 15 minutes à Narbonne soit 25+50+15 = une heure et demi de retard probable. J'ai donc commencé à ausculter les vitres pour voir si je pourrai me jeter hors du bus en route pour mettre fin à mes souffrances puis nous sommes arrivés à la gare routière (et ferroviaire) de Gerone à 04h30. Le bus pour l'aéroport étant à 05h00, j'en ai profité pour faire la connaissance de Georges.
Alors ce qu'il m'a dit :
. Il est égyptien de naissance
. Son père était ministre de la santé et sa mère pianiste
. Il a 62 ans
. Il habite en Pologne où il a été garde du corps (de la successeur de Lech Walesa entre autres)
. Il a une maison au Caire
. Il arrivait des Pays Bas où il a été emprisonné quelques heures pour avoir tabassé un homme de deux mètres qui voulait lui voler sa valise (il mesure au maximum 1,60 mètre). Il a du payer 1500 euros pour sortir.
. Il parle sept langues
Les seules choses dont je suis sûr :
. Il parle espagnol et anglais
. En anglais il ponctue chaque phrase par "fucking shit".
. Il s'est planté d'aéroport et a confondu Barcelone avec Gerone-Barcelone.
J'ai passé avec lui deux heures surréalistes mais ça m'a occupé.
Sinon le reste du voyage s'est bien passé.
Le bateau a appareillé et je pense à Estelle (qui me manque mais ce n'est pas le sujet). La mer est presque plate et pourtant cela bouge pas mal avec ces mouvement de grande amplitude qui font remonter l'estomac et la salive.

Aujourd'hui est un jour spécial puisque mon petit frère Pierre-François (il est plus jeune de quatre ans et plus petit d'un centimètre ce qu'il ne veut pas reconnaitre) vient de ce pacser avec la délicieuse Gaëlle. Souhaitons leur une vie de bonheur.

Excellente journée.

Les MEJEAN PAOLI

mercredi 8 septembre 2010

Un nouveau départ

Aujourd'hui est de ces jours particuliers que vivent de façon métronomique tous les parents de nos civilisations hypercaloriques et pourtant dépressives. Aujourd'hui est un jour ambigu. Aujourd'hui correspond au premier jour d'une longue période d'apprentissages académiques mais pas seulement. A cet instant, les parents invoquent tous les fétiches du monde pour que cette journée se passe le mieux (et le plus rapidement) possible. Aujourd'hui c'est la joie et la peur symbiotiques et synergiques.

En un mot comme en cent : aujourd'hui est le jour de la rentrée.

Nous autres gomériens (oui je ne suis gomérien que depuis cinq jours mais aux gomériens bien nés, la valeur n'attend pas le nombre des années) commençons avec un peu de retard sur nos collègues français mais comme l'a fait si justement remarquer Sidonie, nous avons du prendre l'avion et le bateau pour arriver ici, ceci expliquant et/ou excusant cela.

Hier soir nous avons fêté la fin des vacances d'été et souhaité (avec du vin blanc, du jus d'orange, du jus poire-ananas, du coca-cola et des chips à l'huile d'olive) que cette nouvelle année scolaire soit la plus agréable et la plus profitable possible.

Estelle est liquide depuis plusieurs jours, les enfants viennent de prendre leur dose d'adrénaline et je suis tel un capitaine de supertanker ukrainien et raide mort en pleine tempête au ras de cailloux : splendide de calme. D'un autre coté, ça aurait l'air de quoi un capitaine ukrainien (et raide mort) qui pleure ?.

Ne goûtons toutefois pas notre plaisir : les enfants vont faire leur troisième rentrée d'affilée dans un pays différent et comble du (heureux) hasard, il n'est pas francophone. La Providence (je suis reconnaissant, j'ai mis la majuscule) nous permet toujours d'avoir la vie que nous choisissons et c'est quelque chose que nous ne saurons jamais apprécier à sa juste valeur.

N'ayant pas encore internet, nous ne savons rien de ce qui se passe dans le monde. Pour nous rien n'existe au delà des montagnes à l'arrière et de la mer à l'avant. Non contents d'avoir choisi une petite île perdue au milieu de l'Atlantique, nous avons opté pour une résidence peuplée de quelques rares (et vieux) anglais, de quelques femmes de ménage et autres jardiniers portugais et de deux maitres nageurs espagnols, le tout perché au dessus un village gomérien qui, une fois passée la fièvre de la bulle immobilière, retombe comme par magie et avec délectation dans la torpeur amnésiante qu'il n'aurait jamais du abandonner.

Je suis d'accord, il faut aimer le vide, mais je vous prie de me croire sur parole, lorsque c'est le cas, c'est vraiment, vraiment bon.

Rassurez vous, la réalité de derrière les montagnes revient très vite. Vendredi matin je prend le ferry puis l'avion puis la voiture pour retourner travailler en officine.

Même pas mal comme dirait l'autre après avoir pris un vol dans le bac à sable.

A bientôt.

Les MEJEAN PAOLI

dimanche 5 septembre 2010

S'éloigner de la civilisation ... ou pas.

C'est d'une chaise longue Ikea, avec un doux chant de grillon à l'oreille et une brise marine flattant mon délicat épiderme que je vous envoie quelques nouvelles, fraiches elles aussi.
Le voyage s'est très bien passé si ce n'est Célestine qui a fait le don anonyme d'un collier aux toilettes de l'aéroport de Girona.
Nous avons récupéré nos attestations de résidence canarienne (la classe) ce qui aura été d'une incroyable facilité.
Cette fois-ci nous avons loué une fabuleuse Opel Astra chez Cicar. Elle est très propre et bien équipée. On a frôlé le sans faute car une seule et unique chose manque : le moteur. Je m'étais entrainé avec la Seat d'Olivier et Lydia mais je pense que notre voiture est un ton au dessous au niveau puissance et surtout couple. Quand on connait les pentes dont notre nouveau caillou est abondamment pourvu, on imagine sans peine les grands moments de solitude vécus lorsqu'on rentre deux ou trois rapports et que rien ne se passe.
L'appartement est très beau et très agréable. La résidence est comme prévue presque déserte et, et ceci n'était pas prévu, presque totalement détenue par nos amis d'outre Manche qui rougissent au soleil (et qui accessoirement perdent beaucoup d'argent avec cet investissement).
Ce matin nous sommes allés à San Sebastian (30 minutes de route et environ 25 kilomètres) où nous avons découvert un "grand" supermarché habilement situé à côté d'un marché. La vie est objectivement moins chère qu'en France (la boucherie est par exemple moitié prix).
J'ai passé une heure chez Telefonica où j'ai acheté un téléphone portable et où j'ai pris un abonnement téléphone et internet. Le vendeur était très agréable et patient avec mon espagnol de crèche. Il a manqué faire une crise cardiaque quand je lui ai dit, au bout d'une demi heure de fastidieuses démarches administratives, que je n'avais ni Windows XP, ni Vista, ni Seven mais Ubuntu. Après vérification, cela semble être compatible, nous verrons bien.
Célestine a trouvé la piscine mais nous ne l'avons pas encore testée.
Ce soir nous allons visiter Playa Santiago.
La Dorada est à 0,51 euro la canette de 33cl ce qui me permet d'envisager une relation de couple éthylique mais apaisée avec ma douce et tendre.

Ici, il fait très chaud au soleil mais l'ombre est un infini bonheur.

Excellente journée et à très bientôt.

les MEJEAN PAOLI

vendredi 3 septembre 2010

Todo bien !

Bonjour à tous,

Nous sommes sur le Bonanza Express entre Tenerife et La Gomera.
Les enfants jouent dans leur coin, Estelle somnole sous la climatisation et je guette les dauphins et les baleines. Il fait beau et nous sommes bientôt arrivés.
Tout s'est bien passé jusqu'à présent et cela devrait continuer jusqu'à notre destination maintenant fort proche.

Plus de nouvelles très prochainement.

Excellente journée.

Les MEJEAN PAOLI

jeudi 26 août 2010

Un été en France

Bonjour à tous,

Mon très (trop) long silence estival prend fin aujourd'hui car nous venons de recevoir la confirmation (presque) définitive de l'agence immobilière grâce à laquelle nous allons louer un appartement à Playa Santiago sur l'île de La Gomera. C'est donc en ce glorieux 26 Août 2010 que la partie canarienne de nos pérégrinations commence officiellement. Tout n'est pas pour autant déjà fait.
Nous avons :
. Un appartement.
. Les billets d'avion avec le droit de transporter 90 kilos de trucs variés (hors armes de destruction massive) le 03 Septembre entre Girona et Tenerife Sur.
. Plein de vêtements et d'objets divers pour votre vie de là-bas.
. Envoyé les dossiers d'inscription des trois filles au CNED.
Il nous reste :
. A changer les enfants d'école (de San Sebastian à Playa Santiago).
. A trouver un véhicule (je rêve d'un BJ42 comme la fabuleuse Preciosa de Frédérique).
. A envoyer les trente kilos de CNED à La Gomera par la poste.
. A récupérer nos bagages laissés en dépôt à Agulo.
Comme d'habitude, nous comptons sur notre bonne étoile pour que tout se passe le mieux possible.
Par ailleurs et comme escompté du fait de notre franc rapprochement du continent européen, nous avons appris avec joie que les familles Lacroix-Bertoldo et Bompart-Peiron ont déjà réservé leurs billets Ryanair (des prix bas et des avions ponctuels mais un site internet pourri et des pratiques commerciales pour le moins spéciales) pour venir passer quelques jours avec nous. On se régale d'avance de les voir arriver là où nous ne sommes pourtant pas encore.
Sinon cela fait deux mois et demi que nous avons quitté le Costa Rica. Le retour a fait l'effet un lavage de cerveau car nos neuf mois tropicaux nous semblent appartenir à un passé beaucoup plus lointain. C'est assez surprenant et parfaitement inexplicable.
A part ça et en oubliant bien entendu une foule de choses pourtant essentielles :
. On a passé un très bon été entre le Gard et l'Ardèche.
. Les enfants ont passé d'excellentes vacances dans la famille.
. On a revu plein de gens et on en a loupé d'autres mais on se rattrapera sous peu je l'espère.
. On a fêté les anniversaires de :
. Guy
. Jackie
. Agostino
. Lydia
. Estelle
. Paola
. Frédérique
. Jérôme
. On a oublié celui d'Audrey (bon anniversaire et désolé) le 23.
. J'ai (presque) fini le site de Manzanillo et Stéphanie s'apprête à lancer le plus gros spam de l'histoire de la côte caraïbe du Costa Rica.
. Je me suis mis à Ubuntu et Drupal pour la plus grande joie d'Olivier et la plus grande tristesse d'Estelle.
. On a déménagé Pierre-François et Gaëlle chez Pierre-François & Gaëlle et Clément, qui a horreur du vide, a aussitôt emménagé dans la coquille laissé vacante par son ainé.
. Virgile et Anne-Claire ont eu aussi changé de coquille et sont devenus de vils propriétaires terriens.
. Virgile est allé en colonie de vacances pour apprendre à tuer des viets et/ou des allemands. Il est revenu ravi et les cheveux plus courts.
. Nous avons travaillé une semaine à la pharmacie de Tresques. Cela m'a permis de confirmer que je ne suis effectivement pas fait pour ce travail et plus généralement pas fait pour le travail du tout. Liliane ayant refusé de céder à mon charme pourtant ravageur, je retourne à Tresques le 11 Septembre (soit, je vous le rappelle, 8 jours après mon arrivée à La Gomera) pour une semaine de dur labeur.
. J'ai récupéré la Copen mais pas la 403 et je n'ai rien fait pour la 900 MHe (la honte).
. Nous avons navigué jusqu'à Sète avec les Bompart et ce fut bien agréable. Il faut dire que Sète est une jolie ville et que le vent a toujours soufflé dans le bon sens ce qui est très rare.

Ne voulant pas que vous repreniez l'habitude de courrier trop longs et étant un peu à court d'idées, je vais prendre congé de vous et vous souhaiter une très agréable journée.

Ici, au Grau du Roi, il fait gris mais très chaud, à vous les studios.

A très bientôt j'espère.

Les MEJEAN PAOLI

jeudi 5 août 2010

Pas d'affolement

Non, vous ne rêvez pas, je ne me suis pas remis à écrire pour donner des nouvelles.
Ce n'est pas que nous ne faisons plus rien (bien au contraire) ni que ce que nous faisons est inintéressant (itou) mais il semblerait que la période ne soit pas à l'épanchement narcissique. N'étant pas de nature à forcer les choses, je fais contre mauvaise fortune bon cœur et j'attends des jours plus prolifiques.
J'espère que notre délocalisation prochaine aura sur mon inspiration un effet salvateur.
Si je trouble aujourd'hui votre journée de Jeudi, c'est pour vous faire part de la "naissance" du site de Manzanillo.
Contrairement à ce que la majeure partie de mon lectorat croit, je n'ai pas passé mon temps au Costa Rica à ne rien faire et à boire de la bière (ça, c'était mon épouse). J'ai aidé à la fabrication du site internet du village de mes rêves.
Il est en ligne depuis hier et je me paie aujourd'hui une séance d'auto-promotion gratuite.
Allez donc le voir, vous serez beaux, riches et intelligents (garanti).

www.manzanillo-caribe.com

Les commentaires élogieux et dithyrambiques sont acceptés et encouragés, les autres simplement admis.

Excellente journée à tous.

Les MEJEAN PAOLI

mercredi 7 juillet 2010

Approximation

Cela va bientôt faire un mois que nous avons quitté Puerto Viejo par une belle journée ensoleillée. La tristesse et la nostalgie n'étaient pas à l'ordre du jour car cela aurait été faire injure à notre séjour là-bas. Nous sommes un mois plus tard et rien n'a changé. Nous ne verrons pas avant très longtemps ceux qui ont partagé nos vies durant ces neufs mois et c'est la vie. Nous ne verrons sans doute pas non plus tous ces endroits magiques et c'est sans doute mieux ainsi car nous avons trop peur d'être déçus par ce que nous pourrions découvrir. La mémoire a cela de magique qu'elle magnifie tout. La réalité est plus cruelle.
Alors on ferme les yeux et on savoure tout : les gens, les lieux, les sensations. Et en même temps on remercie tout : la vie, la providence, les gens, les dieux et le hasard de nous avoir envoyé là bas, si près du paradis. On rêve ensuite que cela continue et que le miracle perdure. On se prépare à être déçus mais on est humain et on ne peut s'empêcher d'espérer.
Nous avons aimé revoir les gens plus que je n'aurai pensé aimer cela. Revoir, reparler, retoucher les amis, les proches après une longue absence est un bonheur inquantifiable. Seuls les grincheux peuvent y voir le moindre désagrément. C'est comme revenir à sa vraie place même si l'on sait que cela n'est pas vrai et que l'on va bientôt repartir. C'est mesurer le temps et la distance parcourus tout en réalisant que ce n'est pas tant que cela. Le voyage a cela de magique qu'il renforce nos racines.
La vie est tellement plus rapide ici qu'au Costa Rica (accentué il est vrai par un planning plus que chargé) que c'en est presque caricatural. La distance physique n'est rien comparée à l'immensité qui sépare les deux "civilisations".
Sinon :
. Nous avons retrouvé des gens qui ont eu la présence d'esprit de rester aussi adorables qu'ils ne l'étaient avant notre départ et nous avons pris un plaisir immense à les revoir.
. Nous avons assisté le jour de notre onzième anniversaire de mariage, à celui de deux jeunes personnes qui sont de véritables merveilles à côtoyer. Nous avons passé la journée à leur souhaiter le plus complet bonheur qui soit (sans le moindre doute quand à leurs chances de réussite). Le bonheur est communicatif et c'est bien.
. J'ai personnellement vécu une des plus grandes douleurs de ma vie. Sa violence, insignifiante pourtant comparée à sa cause, m'a laissé dans un état second dont le souvenir restera en moi encore longtemps. Si le Ciel a l'indulgence de faire en sorte que cette douleur ne me revienne jamais, je lui en serait éternellement reconnaissant.
. Nous avons fait la rencontre de Gaëlle et il m'est très agréable de dire que ce fut très agréable.
. Marin est depuis quelques jours en Ardèche avec Martine, Jackie et Guy et comme prévu cela se passe très bien. Que plus de trente ans plus tard, l'histoire se répète, est une source de ravissement inépuisable.
. Estelle et moi avons actuellement le plaisir de faire la carénage du bateau. Après neuf mois dans la jungle, le plus souvent en vélo, le fait d'inhaler des produits toxiques sur un parking surchauffé nous aide à mesurer la distance parcourue.
. Les filles sont au Grau du Roi avec Mamie Danièle et tout le monde en est très satisfait.
. Je redoutai notre retour et comme souvent j'étais dans la plus parfaite erreur. Revenir nous est nécessaire et nous permettra de repartir avec encore plus de plaisir.
. Comme convenu, la confrontation avec l'offre (pléthorique) et les prix (incroyables) de notre société de consommation a été plus que rude. Estelle est revenue sonnée et triste d'une séance de shopping à Montpellier. Je n'aurai jamais imaginé que ceci fut possible.

C'est tout pour aujourd'hui. On vous embrasse très fort.

Les MEJEAN PAOLI

vendredi 25 juin 2010

Wiiiiiiiiiiiiiizzzzzzzzz

Je ne voudrai pas paraître désagréable mais je suis actuellement sur l'océan atlantique en train de surfer gratuitement grâce au wifi rapide (et stable) du Benchijigua Express qui nous amène de La Gomera à Tenerife où nous devons prendre un vol Ryanair qui nous déposera à Girona. C'est là que nous retrouverons nos parents pour la fin officielle de notre voyage qui a commencé le 16 Septembre 2009.
La dernière semaine à La Gomera fut consacrée à des séjours répétés à San Sebastian où nous avons inscrit les enfants à l'école (ce fut d'ailleurs d'une étonnante facilité). Nous avons trouvé un appartement qui nous plait mais nous ne savons pas si nous pourrons le louer. L'agence immobilière doit nous donner une réponse la semaine prochaine. Sinon nous avons aussi bien profité de la plage de la Cueva où les enfants ont fait des chateaux de cailloux. Il y a du sable mais c'est moins pratique pour faire des murs. L'eau est fraiche et il est assez difficile d'y rentrer mais une fois dedans, on peut y rester sans avoir des idées de suicide.
Nous avons ouvert un compte bancaire à la Caja de Canarias. Cela nous a pris une demi heure. La demande de résidence canarienne a été un peu plus longue mais pas plus difficile. Pour les deux, les passeports suffisent.
Je ne vais pas vider toute la batterie car nous avons trois heures de vol et je veux avoir un plan de secours si les enfants commencent à s'agiter.
On vous embrasse.
A très bientôt.
Les MEJEAN PAOLI

mercredi 23 juin 2010

Incertitude

Notre premier séjour à La Gomera est sur le point de prendre fin et il est donc largement temps de faire une sorte de point intermédiaire dans le processus qui doit nous amener à nous installer de façon plus ou moins durable sur cette île.
Un premier constat saute littéralement à mon esprit : les gomeriens ont totalement arrêté de faire des enfants dans des proportions qui permettent à une population de subsister. Nous sommes un véritable phénomène de foire lorsque nous déambulons dans les rues de cet îlot rocheux perdu au milieu de l'Atlantique. La plus dommageable des conséquences est que les maisons et/ou appartement pourvus de plus de deux chambres sont aussi durs à trouver que des gens intègres dans le gouvernement de notre très cher président. Je profite de l'occasion pour dire que mes allusions lourdingues ne sont que les conséquences du profond mépris que je porte à ces gens. Je présente mes plus plates excuses à leurs fans et leur propose, afin de faire cesser mes viles attaques, de ne pas voter pour eux aux prochaines élections. Pour revenir au sujet du jour, on a beaucoup ramé mais nous sommes sur le point de trouver enfin un lieu où loger.
Le deuxième point important et l'incroyable implantation allemande dans l'île. Le marché du Dimanche de Valle Gran Rey n'est composé que de hippies germanophiles et en tendant l'oreille il ne vous est pas possible d'entendre le moindre mot espagnol. Il en est de même pour le reste de La Gomera même si c'est dans des proportions généralement moindre. Pour l'exemple, l'endroit où nous logeons appartient à une allemande, est tenu par une allemande et le satellite que vise notre antenne ne distille que des émissions dans la langue de Goethe. Il est à noter que cela ne gêne absolument pas les enfants qui se délectent de programmes pourtant incompréhensibles.
Sinon La Gomera c'est aussi :
. Un climat très agréable où le soleil brille accompagné d'une brise marine rafraichissante. Il est aussi très marqué en fonction de l'altitude et de la côte (le soleil préfère la côte Sud).
. Un développement tout relatif et une circulation digne de la côte caraïbe du Costa Rica.
. Un trou noir pour les fonds européens. Ici, les chaussées sont larges et neuves, les murs de soutènement sont en pierre, chaque petit port a sa grue offerte par l'union européenne, les écoles sont neuves, grandes et presque vides, de superbes ferries relient les îles entre elles et les panneaux publicitaires sont remplacés par des descriptifs des aides de Bruxelles pour tel ou tel projet.
. Une eau bleue, partout visible, fraiche mais tellement propre et infinie (un régal pour les yeux).
. Une vue sur Tenerife et le Teide dont on ne se lasse pas.
. Des gens charmants et serviables.
. Une géographie hallucinante avec des paysages somptueux et variés.
. Un marina hors de prix.
. Des subtilités linguistiques rigolotes :
. On vire souvent les "S" des fins de mots d'où "Adio", Gracia" ou "Buena".
. Un mot universel et ponctuant toutes les phrases : "Vale" mais plus souvent "Vale, vale, vale" ce qui transforme les fins de conversations en concours de "Vale".
Finalement, et malgré de non négligeables changements de programme, il semblerait que nous puissions être assez remarquablement heureux ici.
Nous allons donc renter dès Vendredi en direction de la France pour prendre de grands bols de famille et d'amis avant de revenir aux environs du 15 Aout afin de parfaire notre espagnol.

A très bientôt.

Les MEJEAN PAOLI

dimanche 13 juin 2010

La Dorada

Vous connaissez tous et toutes la passion sans limites de mon épouse pour les boissons alcoolisées en général et la bière en particulier.
C'est donc sans peine que vous comprendrez qu'une certaine inquiétude est montée en moi lorsque nous avons quitté le Costa Rica. Comment donc allait réagir ma douce moitié une fois privée d'Imperial, boisson ayant depuis neuf mois avantageusement remplacé l'eau de ses fluides corporels ?
La nature est bien faite et cet éloignement géographique à priori définitif fut sans conséquence puisqu'elle découvrit, peu après son arrivée sur l'île, l'existence de la Dorada, bière canarienne brassée à Tenerife depuis 1939. La boucle était bouclée, l'avenir s'annonçait éthylique et radieux.
Mais revenons un instant sur ce grand saut par dessus l'océan Atlantique.
. Mardi 08 Juin, 11h00. Pierre, Marise, Olivier et Noah nous accompagnent à l'arrêt de bus de Puerto Viejo. Stéphanie et Ruben, en partance pour Chicago, sont du même voyage que nous. Il fait très beau mais nous sommes un peu tristes de quitter de si bons amis. Le voyage en bus Mepe se passe admirablement bien et nous arrivons sans encombre au terminal de bus Gran Caribe. Un taxi de la taille d'une Mégane nous case tous les six et nos neuf bagages et nous amène à l'hôtel Don Carlos. La décoration est un peu vieillotte mais sinon il est très agréable et vaste pour un prix fort raisonnable. Vers 17h00, les bretons arrivent et nous avons la surprise de voir que les visages d'Erwann et de Youenn sont beaucoup moins anguleux que lors de leur départ de Punta Uva, un mois plus tôt. Peu avant le repas, Stéphanie et Ruben nous rejoignent pour dîner avec nous. Soirée agréable durant laquelle nous aurons la surprise de voir deux français de Playa Chiquita : Manuel et Nicolas. Le Costa Rica est vraiment minuscule. A la fin de repas, Stéphanie et Ruben nous disent au revoir. Il prennent l'avion pour Chicago à 07h00 le lendemain matin.
. Mercredi 09 Juin. Nous allons visiter l'excellent musée des enfants de San José avec Youenn et Erwann. Les enfants se régalent et les adultes aussi. De retour à l'hôtel, nous disons au revoir aux bretons qui rentrent au Korrigan lodge et qui sont donc les derniers à qui nous faisons nos adieux. Nous mangeons ensuite au restaurant de l'hôtel puis, à 14h15, nous partons pour l'aéroport. Nous payons la taxe de sortie du pays (26 US$ par personne), enregistrons nos bagages et passons la douane en deux temps trois mouvements. Commence ensuite l'attente. Je bois une dernière Imperial pour le souvenir et pour commencer à m'habituer à la société de consommation dans laquelle nous allons replonger (5 US$ le bout contre 2 dans les bars de Puerto et 1 au supermarché). Il y a des prises électriques et du wifi (gratuit) et cela tombe bien car nous ne partirons pas à 17h05 mais à 20h15. Dans la file d'embarquement, Estelle, qui vient de s'enfiler sa dernière Imperial, sympathise avec des supporters de football du Honduras qui vont en Afrique du Sud en passant par San José, Madrid et Londres. Je pense que comme dans Highlander, les alcooliques se reconnaissent de loin. Je vais avoir la joie d'être assis juste devant un de ces supporters qui pue l'alcool et parle en dormant. Le vol se passe bien :
. Je ne dors pas.
. Célestine dort un peu.
. Estelle dort un peu plus.
. Sidonie dort presque tout le temps.
. Paola se réveille une heure avant l'arrivée.
. Nous réveillons Marin lors de l'atterrissage.

Jeudi 10 Juin, 15h30. Nous n'avons pas récupéré le retard du départ et nous avons donc loupé notre correspondance de 13h55. Nous prenons donc le vol suivant (à 16h35).
Le retour en Europe signifie, comme prévu, le retour dans un monde où seul l'oxygène est gratuit. Le wifi est maintenant payant et les consommations lors du vol aussi (ce n'est pourtant pas Ryanair). Le vol se passe bien mais le temps est pourri à Tenerife et nous atterrissons à Tenerife Sud au lieu de Tenerife Nord. Cela nous arrange car nous prenons le ferry à Los Cristianos, pointe Sud de l'île. Peut être pourrons nous prendre le dernier ferry à 20h00. Les affiches publicitaires du terminal, dont une pour un restaurant aux serveuses à forte poitrine et petit tee shirt, nous accueillent à la descente d'avion. Les bagages arrivent lentement et le bus tarde, nous resterons donc une nuit dans cette superbe ville qui, si elle n'a pas fait les même choix architecturaux que La Grande Motte, a suivi l'exemple du : "Je bétonne à mort, ça permettra de faire rentrer du touriste en masse". L'hôtel est moche mais propre, peu onéreux et dispose d'assez de place pour nous six. Nous sommes les derniers à manger et comme prévu, les boissons du repas sont en plus. Ici, seul le personnel parle espagnol (et encore pas tout le personnel).

Vendredi 11 Juin. Réveil poussif pour aller petit déjeuner. L'environnement, le monde, le bruit et la qualité de la nourriture proposée nous montrent que la distance géographique pourtant importante n'est rien comparée avec l'immensité qui sépare Los Cristianos de Punta Uva. On commence à flipper : nous serions nous complètement trompés de destination. Il y a internet mais c'est 1,50 euros les 15 minutes, nous serons donc synthétiques. On fait les bagages et on prend deux taxis (le Costa Rica est vraiment loin). Ce sont pourtant de superbes Mercedes classe E break environ deux fois plus spacieuses que le taxi avec lequel nous avons rejoint l'hôtel Don Carlos. Nous prenons le ferry et arrivons à La Gomera avec un temps un peu couvert. Nous louons une Skoda Fabia break toute neuve et nous partons vers Agulo. La topographie de La Gomera est encore plus tourmentée que prévu. Ça monte, ça descend et surtout ça tourne incroyablement. Ici les limitations de vitesse sont à 40 km.h-1 et on comprend pourquoi. Estelle et moi décidons instantanément qu'ici, nous ne serons jamais passagers dans une voiture conduite par Olivier B. Nous trouvons notre hébergement mais nous n'avons pas appelé pour nous annoncer (avec 24 heures de retard en plus) et la propriétaire habite à 30 minutes de route. Nous l'attendons un sirotant une .... Dorada ..... et en grignotant un bout. L'appartement est très propre, assez grand pour nous et il y a une superbe vue du Teide. La télévision satellite est en allemand mais les enfants s'en foutent. On déballe les bagages (une douce odeur de champignon nous rappelle d'où nous arrivons), on se lave et on part visiter. Vallehermoso puis Alojera. J'avais repéré cet endroit sur Google Earth et je ne m'étais pas trompé. Vingt maisons en bas d'une falaise vertigineuse avec une plage de sable très noir (Playa Negra à Puerto, c'est marron à côté). Les voitures se garent au dessus et les rues sont à 45°. Le match de la France commence, nous on part manger à Valle Gran Rey. C'est LA ville de la côte Ouest. Touristique mais jolie avec plein de magasins allemands et anglais. Le restaurant est très bien. Le retour à Agulo est long et difficile : nous sommes fatigués et il y a du brouillard.

Samedi 12 Juin : Réveil plus que tardif puis nous allons à San Sebastian prolonger la location de la voiture. Nous partons ensuite vers Playa Santiago. La route est stupéfiante de beauté. Le Sud est plus sec mais pas moins esthétique. Playa Santiago manque elle aussi de charme et on voit bien que le développement est récent et axé sur le tourisme de nombre (bien qu'on soit heureusement très très loin de Los Cristianos). Nous allons ensuite visiter Alajero, très joli, où nous buvons une Dorada en regardant un bout d'Argentine-Nigeria. Nous rentons ensuite à Agulo car ce soir, selon Estelle, c'est la fête au village. Nous faisons quelques courses dans une épicerie qui ressemble à une grotte et où la patronne (environ 65 ans) fait la note à la main sur un cahier d'écolier. A 19h00, en pantalon et veste, nous allons au centre. Personne dans les rues ou presque, la fête est discrète sur cette île. Après vérification, elle se déroule à Lepe, hameau entre Agulo et Hermigua. Nous allons manger au restaurant "La vieja escuela" puis nous partons en voiture pour Hermigua. Il faut se garer sur la plage et ensuite continuer à pieds. La pente est rude mais arrivés en haut, un groupe du coin joue une musique entrainante et les gens font la fête. Nous déployons tous les talents de danseurs à notre disposition et hypnotisons la foule. Un petit feu d'artifice vient saluer nos prouesses pour la plus grande joie de enfants. Nous rentrons ensuite à la maison nous coucher.

C'est tout pour le moment. Aujourd'hui il est 11h35, le soleil brille et deux enfants dorment encore.

On vous fait des bises.

Excellente journée.

Les MEJEAN PAOLI

lundi 7 juin 2010

Et bien voilà,

Ca y est, on savait que cela arriverait extraordinairement vite et on ne s'était pas trompé.

Aujourd'hui est donc notre dernier jour sur la cote caraïbe du Costa Rica et il clôture sans éclat un séjour qui lui n'en aura pas manqué.

Cela fait maintenant près de neuf mois que nous sommes arrivés ici et ce grand saut dans l'inconnu aura tenu toutes ses promesses. Si tout ne fut pas toujours facile, force est de constater que le bilan est très largement positif. Nous avons vécu un nombre incalculable de nouvelles choses et tous les inconvénients (petits ou grands) ne sont rien au regard des immenses bénéfices obtenus.

Le Costa Rica est un pays fabuleux à parcourir. Les gens, autochtones ou pas, les paysages, la flore et la faunes rivalisent tous d'attraits. C'est un pays où les bouts du monde sont à chaque coin de rue. La civilisation arrive à grands pas mais la nature est ici si forte qu'elle résiste et use les hommes et les objets qui voudraient la soumettre.

Nous avons été très heureux au Costa Rica et chose surprenante, nous ne sommes pas si tristes que cela de partir. Nous nous savions de passage et nous avons tiré le maximum de ce statut au combien privilégié qui nous a permis de ne retirer que la crème de ce que ce petit pays d'Amérique centrale a à offrir. La tristesse est sans doute aussi atténuée par la perspective de revoir à nouveau la famille et les amis.

Au delà des images et des odeurs, nous garderons, longtemps j'espère, le souvenirs de gens extraordinairement attachants qui ont fait de cette grosse parenthèse un plaisir de tous les jours. Nous voudrions ici les en remercier. Que leurs vies soient aussi belles que ce que sont leurs âmes.

Demain et surtout après demain, commence une nouvelle aventure, nous l'espérons aussi belle que la précédente. J'essaierai de vous tenir informés avec une fréquence supérieure a celle qui est la mienne depuis quelques mois.

Nous vous embrassons tous.

Hasta luego.

mardi 11 mai 2010

Tout ça (surtout) pour ça.

Je sais bien que cela sent atrocement l'autofélicitation mais nous ne résistons pas à l'envie de vous envoyer la rédaction en espagnol de la dernière évaluation de Celestine.
Ne vous inquiétez pas pour nos chevilles et nos cranes, nous sommes en tongs et tête nue.

lundi 10 mai 2010

Ca sent le kerozene.




Bonjour a tous et toutes,

Suivant ma nouvelle ligne de conduite, je n'écris plus qu'aux environs des dates importantes ce qui me permet de justifier mon incroyablement faible rythme d'écriture. Aujourd'hui nous célébrons le fait que dans un mois nous serons normalement (si le volcan ne nous en empêche pas) arrivés dans l'archipel des Canaries. Une nouvelle page de notre vie va donc s'ouvrir avec, je l'espère, autant de plaisir que dans la précédente
. Autre raison de prendre le clavier, demain, 11 Mai, nous fêtons Estelle comme tous ceux qui connaissent une Estelle mais avec la conviction d'en connaitre une vraiment spéciale.



Sinon, en vrac :
. Le 30 Avril, nous avons quitté la maison de Carl pour Korrigan lodge et une semaine dans les bungalows Dour et Avel. J'ai, à cette occasion, réalisé un rêve puisque j'ai conduit le BJ de Frédérique. Il est a l'écologie et au confort ce que Luc Besson est aux convictions, mais bon sang que c'est beau et rigolo a conduire sur les routes défoncées du coin.
. Comme nous étions chez des capitalistes sanguinaires exploiteurs des masses laborieuses, je me suis tapé 3 mètres cubes de gravier à étaler dans les parkings du lodge.
. I&E&Y sont partis en bus pour San Jose Samedi matin. A l'heure qu'il est, ils doivent être en France à combattre le froid breton.
. P&M sont depuis une semaine aux iles Caïman. Nous avons vu une photo sur Facebook qui semble indiquer que leur séjour n'est pas uniquement la corvée qu'ils nous ont décrite avant de partir.
. Nous sommes allés voir les tortues avec Abel (notre client-guide) et Stéphanie (ma patronne-amie) sur la plage de Gandoca. Ce sera, je pense, le meilleur souvenir de notre séjour au Costa Rica. On était dans l'obscurité complète et il a plu pendant le retour mais la vision de cette énorme tortue (carapace de 1.55 mètre, envergure de plus de 2 mètres et 300 kilos) juste a cot
é de nous était tout simplement fabuleuse.
. Nous avons établi le contact avec plusieurs écoles de La Gomera et les réponses reçues sont a priori assez positives.
. M&C commencent la construction de leur maison sur leur terrain de Margarita Road. Nous devrons par contre nous contenter des photos.
. Stéphanie a fêté son 21eme anniversaire au Korrigan lodge, et c'était bien.
. L'année du CNED est presque finie puisque les filles en sont à la dixième et dernière séquence. Je ne parlerai pas de la difficulté car c'est Estelle qui s'est presque tout tapé mais les résultats sont très bons et les progrès réalisés incroyables.
. La route qui traverse le parc de Braulio Carillo a été fermée plusieurs jours rajoutant deux bonnes heures aux cinq déjà nécessaires pour aller à la capitale. Pour éviter de nouveaux glissements de terrain, ils ont fait exploser un bout de montagne avec 500kg d'explosifs. Malheureusement, sur les quatre mille camions de gravats qu'ils avaient escompté, seuls deux ont daigné descendre.
. J'ai testé le contrôle technique au Costa Rica avec Erwann. Je me suis ensuite demandé comment font pour rouler les épaves qui constituent 90% du parc automobile du coin. A l'heure ou je vous écrit, je n'ai pas trouvé la réponse.
. Je me suis acheté deux paires de lunettes pour le cinquième du prix d'une seule en France.
. J'ai fait faire un double de clefs pour 600 colones.
. Les quatre filles de la maison ont à nouveau des poux et Sidonie et Paola ont subi une attaque de puces de lit.
. On a vendu Boton de Oro à notre ancienne voisine pour 1.200.000 US$ avec un rabais de 1.200.000 US$.
. On a actuellement deux ordinateur et trois écrans (dont deux de 19 pouces) munis d'une connexion internet lente mais stable et légale. Le luxe.

On vous fait des bises.

Les MEJEAN PAOLI