dimanche 29 novembre 2009

Se méfier des apparences


Avec Nicolas Sarkozy, les mouches, les émissions de télé-réalité, Flavie Flament, les contrôles de vitesse (fixes ou mobiles), Fanny Ardent, les poireaux en salade, les jet skis au mouillage, la mondialisation, Fox TV, le capitalisme, Vincent Lagaf, les choux de Bruxelles, le communisme, Jean-Pierre Pernod, les vêtements en laine, la politique, la publicité, les étiquettes sont un des pires maux de notre petite planète.
Les étiquettes, c'est petit, facile à utiliser, les enfants apprennent très vite à les manipuler par simple mimétisme.

Etiquette numéro 1 : le vol est une maladie très répandue au Costa Rica. Avant même de partir, la totalité des sites vous préviennent qu'il faut faire très attention à vos affaires. Toutes les chambres d'hôtel et les maisons à louer sont pourvues d'un coffre fort et ses dimensions sont directement proportionnelles au standing de l'établissement. Chaque gringo rencontré parle d'un vol qu'il a subi dès la troisième phrase qu'il vous adresse. Soyons honnêtes, nous avons été cambriolés lors de notre passage à Hoana house. Néanmoins, Estelle a oublié son parapluie au Duende et elle l'a récupéré deux jours plus tard, strictement au même endroit. A ceux qui raillent déjà mon argumentaire je voudrai rappeler que nous sommes en période des pluies et que le parapluie est ici et actuellement un des objets les plus utiles et recherchés qui soient.

Etiquette numéro 2 : le Costa Rica est un pays écologique. Samedi, nous sommes allés à Puerto Limon voir les bateaux de la Transat Jacques Vabre. Le trimaran "Crêpes Wahouu" était absent. Peut être volé par un tico ou reparti lassé d'être moqué pour son joyeux sponsor. Je l'ai déjà dit précédemment mais le fait que ce charmant pays d'Amérique centrale puisse être vu comme un champion de la cause "verte" est un sujet d'étonnement et d'amusement de premier ordre. Les banderoles de la transat déclarent fièrement : "Prendre la mer - Agir pour la terre". Lorsque nous aurons eu assez de bande passante, je vous conseille d'aller regarder les quelques photos de ces mêmes banderoles pour voir combien le biologique est ici une priorité nationale. Les seules personnes intéressées par ces questions sont des étrangers roulant dans des 4x4 dont la consommation de pétrole raffiné ne rentre pas dans la catégorie "Agir pour la terre". Comme ils importent aussi des tonnes de produits, alimentaires ou non, générant ainsi un volume de déchets par tête, à mon humble avis très supérieur à celui des ticos, les trésors de pédagogie et de persuasion qu'ils déploient sont voués à un échec absolument certain. Image illustrative et rigolote : hier, dans le "village" de la transat (strictement piéton hors camions de pompiers et ambulances), un petit groupe d'abrutis congénitaux faisait des aller-retour à vive allure en voiture en filmant les passants médusés. La question du jour : quelle était leur couleur de peau ? Oui, je sais, je me suis un peu trompé de racisme mais le pli est pris (à répéter à voix haute jusqu'à obtenir une élocution claire et fluide qui ravirait tout orthophoniste, même un peu tatillon) depuis trop longtemps pour en changer.

A part ça :
. Vendredi matin, Martina, notre voisine panaméenne, est venue pour la première fois à la maison pour faire le ménage. En analysant objectivement la quantité de saleté qu'elle a soustrait à la maison, une seule conclusion est possible : nous sommes des cochons nuls en ménage.
. Vendredi après-midi, six amis de Sidonie sont venus fêter son anniversaire. La propreté de la maison n'aura donc pas duré longtemps puisque les enfants et Martina se sont croisés au portillon de la terrasse.
. Suite à leur passage au rayon jouets du Maxi Bodega de Puerto Limon (comme nous sommes des capitalistes sanguinaires, nous ne fréquentons que des magasins qui se la pètent : Mega Super de Puerto Viejo, Maxi Bodega de Puerto Limon et Hipermas de San José) les enfants ont commencé leurs listes pour le père Noël.
. Je ne vous l'ai pas dit mais nous avons trouvé une activité professionnelle avec Estelle. Nous chantons les jingles de notre radio favorite, Radio 2. Cela donne : "Radio doooooooooooooooos, radio dooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooos, radio dos". N'en parlez pas à Estelle mais je le fais beaucoup mieux qu'elle qui ne sais pas encore rouler les "r". Cette radio est excellente et ils passent souvent les Beatles et les Doors ce qui me convient parfaitement.
. Nous avons mangé au Burger King de Puerto Limon. C'est immense, tout propre et la température à l'intérieur doit être d'environ 15°C (il y a un nuage de vapeur d'eau qui sort des climatiseurs). Estelle était encore plus contente que les enfants. Deux cheese burgers, deux petites frites et un Sunday : 3560 colones.
. Sidonie a eu une poupée qui chante pour son anniversaire. Nous avons commandé en urgence du Prozac à mamie Danièle. C'est moi qui l'ai achetée et je n'ai pas fait assez attention.
. Nous avons du Martini blanc au frais depuis plus d'une semaine et la bouteille n'est pas entamée.

vendredi 27 novembre 2009

Tout fout le camp


Si j'ai choisi ce morceau de Costa Rica c'est parce que, selon ce que mes collègues qui n'ont, comme moi, rien de mieux à faire que raconter leur vie sur internet, disaient, c'était un petit coin de paradis très modérément contaminé par la civilisation.
Je dois dire que notre séjour à Cahuita avait assez remarquablement confirmé ces allégations. La traversée de ce charmant village et la visite de son supermarché furent autant de plongeons dans un monde pour le moins dépaysant.
Après cela, Puerto Viejo et ses banlieues passèrent aisément pour des mégalopoles ultra développées, propres et policées. Toutefois, et en gardant à l'esprit que le Costa Rica est la Suisse d'Amérique centrale, force est de constater qu'il existe plusieurs sortes de mégalopoles ultra développées, propres et policées. Celles du coin ne sont définitivement pas les plus guindées.
Les gens du coin disent que la côte caraïbe est la partie oubliée du Costa Rica et il n'est pas difficile de les croire. Tout ce qui est du ressort du pays est, lorsqu'il est présent et c'est assez rare, réduit au strict minimum (voire moins).
Et pourtant, et de façon aussi incompréhensible qu'involontaire, la région change à vue d'œil :
. La semaine dernière, un Méga Super (chaine de supermarchés au nom ronflant et à la physionomie européenne) flambant neuf a ouvert à Puerto Viejo. Il est aussi assorti au reste du village qu'un revendeur Vuitton au beau milieu du Larzac.
. Une station service gigantesque va bientôt ouvrir à Hone Creek. Ses dimensions semblent indiquer que les porte containers viendront y faire le plein bien qu'elle soit bizarrement située à plus d'un kilomètre de la mer.
. Le passage de la transat Jacques Vabre a entrainé la réfection (quantitativement incomplète, qualitativement proche du zéro absolu et à l'espérance de vie quasi négative) de la route entre Puerto Viejo et Punta Uva. Il est à noter que l'ensemble des gros cons (désolé) disponibles dans la région s'est regroupé pour faire des concours de vitesse et ainsi partiellement compenser une virilité manifestement défaillante. Le Costa Rica étant ce qu'il est, les travaux n'ont commencé que la veille de l'arrivée du premier concurrent.
. L'adsl arrive à Playa Chiquita sans pour autant que l'on connaisse les critères d'attribution ce qui occasionne un certain émoi dans le coin.
Enfin voila, nul doute possible. La civilisation arrive, elle va vite, elle a faim et elle va tout bouffer.
Cela rend un peu triste mais cela nous oblige à bien profiter de ce que ce petit coin encore sauvage a à nous offrir et croyez moi, il y a du matos.

Et en parlant de sauvage, aujourd'hui restera à n'en pas douter dans la mémoire de quatre d'entre nous (les deux petits dormaient). Nous avons eu l'immense (bien qu'effrayant) plaisir de vivre notre premier tremblement de terre. Nous étions en plein cours de français lorsque la terre puis la maison se sont mises à onduler. J'ai vraiment eu l'impression de passage d'une vague. La lecture des journaux (et de l'intensité à priori modeste de la secousse) tempèrera surement cet enthousiasme, mais je pense garder longtemps le souvenir de cet instant.

Tout passe, seuls les souvenirs restent (et encore .....)

PS : Aujourd'hui est un jour très spécial puisque notre crevette a huit ans. Lorsqu'on parle de souvenirs, ceux liés à cette période sont loin d'être uniformément heureux.

mardi 24 novembre 2009

La mondialisation

Aujourd'hui, il fait beau pour la première fois depuis longtemps et pourtant je vais râler.
C'est comme ça, on ne choisit pas quand ça arrive.
Pour moi, la mondialisation, c'est que de la saloperie (oui, quand je suis en colère, je suis un peu grossier, voire limite vulgaire mais je ne le fais pas exprès).
Ça crame du gasoil à qui mieux mieux, ça fait migrer les paysans chinois qui crèvent la dalle en famille chez eux vers des villes toutes pourries où leur salaire de misère (quand il est versé), suffit à peine à payer leur logement insalubre et minuscule et leur bouffe infâme. C'est donc, comme vous l'avez tous reconnue, une vie de merde, de misère et souvent de solitude (la famille étant restée crever la dalle sur place en attendant l'hypothétique argent et l'ultra hypothétique retour) mais heureusement, tout n'est pas perdu puisque cela permet à quelques privilégiés de se gaver comme des porcs et à moi, petit européen grassouillet, d'acheter à bas prix (même en tenant compte des marges cumulatives prises durant le transport et la distribution) plein de trucs inutiles fabriqués par des armées de gens exploités.

Là où cela devient grave, c'est que cela ne m'empêche ni de dormir, ni d'être heureux. Cela me coûte juste une envolée hypocrite de temps à autres ce qui est, vous en conviendrez aisément, particulièrement bon marché.

Un exemple fun : Hier, à San José, Pierre, de P&M, a acheté à la pharmacie, une boite de dix comprimés de dextropropoxyphène pour la modique somme de 37 US$. Pour les non pharmaciens de mon auditoire (une ou deux personnes tout au plus), il faut savoir que dans notre beau pays, une boite vingt gélules de dextropropoxyphène + paracétamol est vendue à votre pharmacien préféré par le laboratoire pour la modique somme de 1,05 € HT (et vendu 2,06 € TTC, prix fixé par la sécurité sociale). Ce prix étant vraisemblablement à des années lumière du prix de revient, je vous laisse imaginer le coefficient multiplicateur de chaque intervenant en ce qui concerne la boite costaricaine. Pour vous aider dans votre réflexion :
. Prix d'achat HT pharmacien (France) de la gélule : 1,05 / 20 = 0,053 € = 0,053 x 1,4971 = 0,077 US$
. Prix de vente TTC (Costa Rica) du comprimé : 37 / 10 = 3,7 US$

D'un autre côté, la mondialisation, ça permet à des gens grassouillets (terme volontairement péjoratif désignant habilement les personnes situées du bon côté de la barrière, même si elles sont superbement sveltes comme votre serviteur depuis qu'il a nagé deux fois en deux mois et demi) de voyager dans le monde entier et de rencontrer des gens qu'ils n'auraient pas croisé s'ils avaient dû faire le même trajet à pieds. Nous avons par exemple passé une excellente soirée avec un couple australo-écossais vraiment charmant.

Sinon, à part ça :
. J'ai envoyé la deuxième session d'évaluation du CNED hier.
. Nous sommes allés manger au restaurant Samedi soir avec deux couples d'amis. Les cinq enfants ont été gardés par Katia, qui garde la maison du propriétaire. La soirée fut très agréable et les enfants ont été gentils. C'est Célestine qui a décidé d'arrêter la télé pour aller dormir (on croit rêver lorsqu'on entend ça).
. Nous avons une télé, un décodeur, une antenne satellite et une télécommande mais pas encore le code d'accès pour que le tout marche.
. J'ai acheté un téléphone à 4500 colones mais la ligne n'est pas activée (il nous faut donner 100 US$ de caution à Carl la prochaine fois qu'il viendra). Nous serons ainsi tout le temps joignables (bien que nous refuserons les appels non passés par Skype ou un téléphone sur IP et là je parle plus spécifiquement à une dame qui habiterait Nîmes qui qui aurait une fille unique actuellement au Costa Rica).
. Le premier de la Transat Jacques Vabre est arrivé cette nuit. Nous irons peut-être voir les bateaux avec les enfants ce weekend.
. Sidonie a lancé les invitations pour sa fête d'anniversaire de Vendredi. Elle avait un sourire remontant au dessus des oreilles en donnant les cartons à l'école ce matin.

Le mot du jour : sol (trois lettres)

vendredi 20 novembre 2009

Into the wild


Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai adoré ce film.
A la fin, je me suis dit que je ferai bien un truc dans le genre mais avec une fin plus heureuse puis finalement, j'ai abandonné le projet et je suis allé me coucher.
Fine introduction au sujet du jour : le risque au Costa Rica.
Nous allons tenter de savoir s'il est plus risqué de vivre à Punta Uva qu'à Connaux (et là on s'aperçoit qu'il est déjà beaucoup plus agréable de dire qu'on habite à Punta Uva).
Pour le Costa Rica :
. La semaine dernière, un arbre d'environ un mètre de diamètre s'est abattu entre la classe des petits et la classe des grands. Ça s'est passé un Samedi et Dieu existe puisqu'il a visé pile entre les deux bâtiments (en sachant qu'il était toutefois impossible de faire un strike en détruisant les deux en même temps).
. La semaine dernière, la maîtresse des petits a trouvé sa classe sous 10cm d'eau en arrivant le matin.Elle et son mari ont fait une digue de fortune pour empêcher la nouvelle rivière de continuer à traverser le bâtiment.
. Une plante toxique présente dans la cour a occasionné à Marin une bonne quarantaine d'énormes boutons sur son bras droit et une dizaine sur son front (on suppose qu'il s'est gratté le front après s'être touché le bras). Jutta, sa maîtresse, lui met une huile essentielle venue d'Allemagne qui semble bien fonctionner.
. Avant hier, vers 21h30, des cris de femmes retentissent dans la nuit (cela dure moins d'une minute). On sort de la tente et je me dis que je vais peut être aller voir ce qui se passe. Le temps que je trouve les clefs pour ouvrir le cadenas qui nous enferme la nuit, nous entendons crier ce qui doit être des insultes ou un truc dans le genre puis plus rien, le calme plat. Retour dans la tente. Dix à quinze minutes plus tard, ce sont trois coups de feu que nous entendons puis plus rien (là, je me suis dit que finalement, ce n'était pas la peine de sortir). Le lendemain nous apprendrons que c'est notre fournisseur d'accès internet qui a été "cambriolé" mais nous ne savons pas qui a tiré les coups de feu (et internet est toujours disponible).
. Lors du dernier gros orage, le transformateur qui est à côté de Casa Viva (ils n'ont pas de chance, eux, en ce moment), a fait une dizaine de fois de fabuleuses gerbes d'étincelles avec bruit d'épée laser et coupure d'électricité. Je n'y connais rien en électricité et je n'ai pas compris comment le courant est revenu à chaque fois quelques minutes plus tard. Cela a dû causer quelques dégâts car hier nous avons eu une coupure pour travaux pendant cinq heures.
. Frédérique, notre voisine, a trouvé il y a quelques jours, un boa dans un de ses coussins d'extérieur. Il était tout petit et a priori inoffensif mais c'était son troisième.
Pour le Gard :
. Il y a un risque que les allemands nous attaquent une troisième fois.
. On roule beaucoup plus et beaucoup plus vite en France d'où une probabilité d'accident grave immensément supérieure à celle d'ici (on s'est donné des sensations avec Estelle en atteignant les 40 km.h-1 Mercredi matin).
Le combat semble, à priori inégal mais franchement, la perception du risque est ici très différente. Je pense que nos sociétés, dans le but louable de proposer toujours plus de sécurité, est en train de faire de nous des gens incapables de nous débrouiller dès l'apparition du premier grain de sable (d'accord, ici ils ont des grains de sable un peu gros, type rochers, mais quand même). En tout cas, cela ne nous pèse pas du tout comme quoi, on s'adapte.

Les dernières nouvelles :
. Nous avons adopté une sauterelle géante que nous avons appelé Gisèle. Malheureusement personne ne veut manger près d'elle à part moi.
. Nous avons trouvé un pou sur la tête de Paola. Estelle, qui a une haine viscérale pour ces petites bêtes, a éliminé toute forme de vie dans un rayon de 50 mètres.
. Nous avons réservé notre hébergement au Panama pour notre sortie trimestrielle (du 10 au 13 Décembre). nous serons ici :
. http://www.bocasbahiadelsol.com/
. 09°20'37.24"N
. 82°15'07.84"O
. Je vais Lundi à San José avec P&M.
. Nous recevons ce soir une copine de yoga d'Estelle. Elle est australienne, son mari est écossais et elle a vécu à Montpellier.
. Je suis définitivement costaricain car :
. J'ai acheté une caisse entière de bouteilles d'Imperial avec le logo sur la caisse.
. Il y a quelques jours, je suis allé à l'école en vélo avec un tee shirt à manches longues.
. J'ai fracassé une bouteille d'un litre et demi de vin blanc et ma mauvaise foi me pousse à dire que j'ai bien fait car le sol a senti mauvais un bon moment.
. La chambre des petits n'est officiellement plus étanche ce qui nous pose des problèmes en cette période pour le moins arrosée.
. Dimanche soir, Célestine qui a de plus en plus de plaisir à rester discuter avec des adultes (ce qui se résume souvent à Estelle et moi si tenté que je sois considéré comme un adulte) est avec nous au rez de chaussée pendant que les petits regardent un dessin animé à l'étage. On blague, on se chamaille et à un moment je lui dis : "Va-t-en Belzébuth !". Elle me répond en riant : "Je ne suis pas une zébute" et ce n'était pas du second degré.
. Une des paires de lunettes de Sidonie a perdu une plaquette de nez. Heureusement, nous sommes partis avec trois paires.
. Marin ne dit plus "Je voudrai ... s'il te plait" mais "Je veux bien ...".

Le mot du jour : riesgo (6 lettres)

dimanche 15 novembre 2009

Vivre avec Alain Gillot-Pétré


Depuis le début du mois de Novembre, nous sommes officiellement en période des pluies.
Lors de mes longues recherches préparatrices (les gens croyaient alors que je passais des heures sur internet pour le plaisir, qu'est-ce que les gens sont méchants quand même), j'avais lu que la côte caraïbe du Costa Rica était caractérisée par des pluies stables tout au long de l'année (un peu comme la Bretagne mais en un tout petit peu plus chaud). Ces informations ne tenaient toutefois pas compte de la période 2008-2009 qui a vu une extraordinaire saison humide entre Novembre et Mars. La route (oui, nous n'en avons qu'une et toute pourrie en plus) était une rivière, plusieurs ponts se sont effondré et la diminution des déplacements, rendus presque impossibles, a entraîné des pénuries dans les magasins du coin. Pour l'anecdote, l'armée américaine est intervenue à plusieurs reprises (dont un héliportage d'un pont de fortune qui est toujours là d'ailleurs) ce qui tendrait à démontrer que nos belliqueux amis du Nord sont parfois sympathiques.
Depuis notre arrivée, nous baignons donc dans cette psychose de la pluie tropicale torrentielle et dévastatrice.
La conséquence la plus négative de la situation est que depuis quelques jours, à chaque goutte de pluie qui atteint le sol à moins de 30 mètres de nous, Estelle prend son air le plus grave et sérieux et nous dit (textuellement) :
"Ca y est, là, c'est parti pour un bon moment".
Entendons nous bien : elle a raison, cela dure en général plusieurs heures mais jusqu'à présent (et je suis assis sur un fauteuil en rotin les pieds posés sur un plancher de bois massif sous une charpente bois non doublée), cela s'est toujours arrêté.
Sinon, et peut être à cause de cet état de stress permanent, nous vivons sans Imperial depuis plusieurs jours. Nous tournons donc à la Smirnoff rouge (environ 4% d'alcool) ou noire (environ 7%) d'alcool qui sont des sortes de Schweeps mélangé à de la vodka. Il nous reste aussi un peu de vin blanc argentin.
En parlant de vin, nous avons goûté un excellent vin blanc pétillant argentine à l'occasion de l'anniversaire de notre amie québécoise. J'avais pensé acheter du champagne mais la seule bouteille effectivement issue de la région champenoise était aussi peu attirante qu'incroyablement dispendieuse.
Ce weekend nous sommes en évaluations gros format puisque nous avons des épreuves de :
. Français
. Mathématiques
. Histoire - Géographie - Education civique
. Sciences
. Espagnols
. Musique
. Dessin
A notre plus grande joie et pour notre plus grand soulagement, cela se passe plutôt très bien.
Samedi matin, au réveil, je regarde ma montre et lis 08h00. Je suis en retard et tout le monde dort encore. Je me lève discrètement, me prépare et part en catimini alors que Paola se lève. Après quelques centaines de mètres, je regarde à nouveau ma montre et cette fois-ci, aidé par mes lunettes correctrices, je lis 06h20. C'est la première fois de ma vie que je remonte le temps et je ne me suis aperçu de rien. J'ai fait un gros plein de légumes au marché (la saison des mamon chino est malheureusement terminée) et j'ai acheté un nouveau compas pour Célestine.
Habile transition pour vous parler maintenant des objets qui existent ici et qui ont, selon moi, totalement disparu chez nous :
. Le sale compas en mauvais plastique sur lequel on fixe un crayon à papier serré par une bague.
. La vieille pompe à vélo sur laquelle on visse un petit tuyau souple en fibres synthétiques tressées. Les vélos sont vendus avec des chambres à air à valve de type A (une pompe) et les chambres à air de rechange ont des valve de type B (une pompe). D'un autre côté la pompe type B coûte 950 colones.
J'ai acheté une paire de fausses Crocs pour 2000 colones (le retour en Europe va être un choc).
Les stéphanois nous ont laissé (entre autres) leur voiture pendant leur séjour métropolitain. C'est non seulement très gentil mais aussi très pratique et cela me permet de vous parler du carburant au Costa Rica en général et dans la région de Puerto Viejo en particulier. Le prix des carburants est ici fixé par l'état. Le prix du litre de gazole est de moins de 500 colones et celui du litre de super de moins de 600 colones (plus de précisions à venir). Cela peut sembler bien mais la première station service est à environ 45 minutes (aller) de route d'ici. Cela a donc entrainé la création de stations service non officielles (et donc totalement illégales) dont Patricia nous a donné la localisation et les tarifs : 2800 colones le gallon. Je testerai la semaine prochaine car je suis presque à sec.
La terraza, où l'adsl et rapide et peu cher et l'Imperial fraiche, est fermée depuis quelques temps. Le propriétaire des batiments a semble-t-il des normes comptables assez originales. On ne peut donc plus vous envoyer des photos pour le moment mais on a des pistes de plans B.
Notre épisode gastro-entérique semble définitivement derrière nous (et on ne va pas s'en plaindre).
Je commence à essayer de parler au gens en espagnol ce qui leur donne semble-t-il beaucoup de bonheur à voir les sourires que cela imprime sur leurs visages.

Le mot du jour : conocer (7 lettres)

jeudi 12 novembre 2009

One more Uncle Pete

N'ayez aucune crainte, je n'ai pas retrouvé mon rythme européen et la note d'aujourd'hui sera brève.
Je voulais juste souhaiter un excellent anniversaire à tonton Pete qui, avant de devenir tonton Pete, était Pete tout court et donc le premier d'une longue liste de petits frères que mes parents ont eu l'idée de m'offrir entre 1977 et 1987.
Un excellent anniversaire donc et plein de bonnes choses pour mon deuxième gaucher de Novembre préféré.

Un gros bisou de nous tous et à bientôt.

Compleanos feliz, tonton Pete.

lundi 9 novembre 2009

Le rythme carribéen, c'est ça.


Cela fait maintenant presque deux mois que nous sommes arrivés au Costa Rica et le dernier caractère européen qui subsistait encore, à savoir mon rythme effréné d'envoi de nouvelles fraiches, a, comme vous l'avez constaté, irrémédiablement disparu.
L'éternité n'est pas de ce monde, en voici un nouvel exemple.
Le côté positif de cette nouvelle fréquence d'envoi est que cela me permettra de vous éviter les banalités de notre quotidien pour ne garder que le croustillant, le surprenant, l'énorme.
C'est donc parti :
. Depuis trois jours, Spike (un des deux rottweilers de la propriété) essaie de s'accoupler avec Lluvia qui est effectivement en chaleur mais qui a le défaut de faire la moitié de sa longueur et le cinquième de son poids. Nous avons donc le triste spectacle d'un gros chien qui a essayé au moins un bon millier de satisfaire une demoiselle qui, au départ du moins, était parfaitement d'accord. La nature est cruelle : ça n'a pas marché une seule fois. Les enfants ont suivi les choses minute par minute et le vocabulaire utilisé est un peu spécial : la saillie s'appelle chez nous le mariage ce qui explique que Paola nous confie souvent ne pas être trop intéressée. Lluvia utilise maintenant une technique que nous connaissons dans le genre humain : elle fait semblant de dormir.
. Vendredi midi, nous avons reçu du monde à la nouvelle maison et Estelle avait fait chauffer la cuisine pour l'occasion : lasagnes, tarte au citron et brownies au chocolat.
. Nous avons remplacé les tabourets pleins d'humidité et de champignons par ceux qui sont visibles sur les photos de Google Earth. Nous en avons déjà cinq et espérons en récupérer un dernier.
. Lorsque nous sommes allé payer l'inscription des enfants pour la prochaine année scolaire, il y avait un cours de français. La maîtresse est québécoise et enseignait "A la claire fontaine" à deux petites filles. Elle a invité les nôtres à se joindre à la classe ce qui a mis beaucoup d'animation et de rythme. Cela a plu aux petites filles et elles sont venues nous rendre visite Dimanche après-midi. Ce sont les deux filles du monsieur qui fabrique le pain que nous achetons au Duende et de la maîtresse de Sidonie.
. Nous sommes allé deux fois à Puerto Viejo la semaine dernière et nous avons testé le poissonnier qui se trouve à la sortie du village. On ne sait pas ce qu'on a mangé mais c'était excellent (en gratin).
. Le CNED continue avec des hauts et des abîmes. Ma dernière trouvaille pour motiver Sidonie : la menacer de lui faire rater l'école pour rester travailler avec moi le lendemain matin. Cela a marché à merveille Dimanche après-midi (le matin elle avait mis 1h15 pour lire correctement le mot "déferler").
. Estelle a été malade Dimanche (type gastro). Une vieille salade de riz est le suspect numéro 1.
. Célestine est tombée plusieurs fois en vélo mais cela ne semble pas la pousser à se concentrer.
. M&C nous ont laissé leur chaîne qui a un lecteur CD ce qui nous a permis de commencer les cours de musique et d'espagnol.
. Nous avons régulièrement la visite de grenouilles de taille et de couleur variées ainsi que de sauterelles géantes (15 à 20 cm de long). Un groupe de singes hurleurs s'est installé non loin et nous réveille chaque nuit vers 04h00.
. Le mois de Novembre a commencé et il n'a que très peu plu ce qui ne nous dérange pas plus que cela.
. Nous avons trouvé au Piripli (prononcer Pilipili) le même vin blanc que celui acheté à San José. Le stabilité de notre famille est donc assurée. Je précise au passage que je n'ai toujours pas acheté de Martini blanc bien qu'il soit moins cher qu'en France.
. Je ne sais pas si la température a baissé ou si nous nous adaptons à grande vitesse mais nous sommes de plus en plus habillés. J'ai été vu avec un tee shirt à manches longues certains matins.
. On a un problème avec notre super réveil qui ne s'éteint plus et qui se décharge donc à grande vitesse. Ce matin nous nous sommes réveillés avec 15 minutes de retard. Par ailleurs, une erreur de lecture de ma montre nous a fait coucher les enfants à 19h15 hier soir. Pour nous ce fut 20h30.

A part ça tout va bien, nous espérons que pour vous tous il en va de même.

mardi 3 novembre 2009

Vive le sport au Costa Rica


Cela fait environ un mois et demi que nous sommes au Costa Rica et il est temps de se rendre à l'évidence : le régime strict que nous suivions en France (fromages affinés mais gras, bons vins et petits plats copieux et variés) me permettant de garder une élégante bouée de sauvetage au niveau de l'abdomen n'est pas transposable ici du fait d'une la présence d'un seul type de produits : entre fade et mauvais (parfois les deux).
Quitte à moins manger et avec moins de plaisir, autant que cela serve à une noble cause : sculpter dans cette masse informe un corps d'athlète. J'entends déjà les rires à peine contenus et je les accepte avec la sérénité du moine cistercien lorsqu'il sort des toilettes.
C'est donc dans cette optique que nous sommes allé, ce matin, nager vigoureusement dans le vaste océan qui se trouve, le monde est quand même bien fait, à quelques centaines de mètres de la maison.
Ce fut pour nous l'occasion de confronter nos certitudes à la réalité. A ceux qui croient, comme nous le faisions jadis, qu'après avoir courageusement nagé contre les vagues qui frappent inlassablement votre doux visage (et encore je ne suis pas rasé de près), vous pouvez revenir vers le rivage en jouant avec les ondulations de la surface (avez vous vu comme j'évite astucieusement la répétition qui s'avançait fourbement ?) jusqu'à surfer sans effort et à vive allure sur les crêtes d'écume, je dis qu'ils sont aussi naïfs que nous le fument. En fait, c'est aussi dur à l'aller qu'au retour et lorsque votre pied endolori touche enfin le fond sableux (vous avez pied en fait), c'est pour prendre une grosse déferlante dans le dos et presque vous faire renverser. En un mot comme en cent, l'atlantique ce n'est pas pour les fillettes.
Un examen minutieux de la zone immédiatement située sous ma poitrine n'a pas permis de détecter la moindre amélioration au niveau de la tonicité du tissu cutané. Nous avons donc pensé qu'une séance supplémentaire (peut être deux) serait nécessaire afin d'obtenir des abdominaux saillants et différenciés.
Aujourd'hui fut aussi notre premier jour d'école à notre nouvelle adresse. Les trajets en vélo furent nombreux et sans la moindre crevaison ce que nous n'arrivons pas à expliquer. Les deux grandes sont rentrées seules.
Estelle a eu une nouvelle et longue réunion d'information avec la future équipe enseignante de l'école des enfants. La bonne nouvelle est que nous avons maintenant droit à une réduction offerte aux familles particulièrement fournies. La mauvaise nouvelle et qu'en tenant compte de la réduction, ce sera plus cher que maintenant.
La pluie de cette nuit n'a que peu mouillé la chambre des petits. Afin de vérifier l'étanchéité à nouveau, il vient de se remettre à pleuvoir.
Nos deux premiers groupes de visiteurs viennent de confirmer leur venue :
. mamie Danièle vient du 22 décembre au 17 Janvier
. papi Roland et mamie Odile viennent du 16 Janvier au 04 Février
L'oiseau que nous avions recueilli hier est reparti en nageant sous l'eau dans la petite rivière qui longe notre terrain.
Paola a fait des plantation de citronniers, Sidonie a appris à faire une rose des vents à l'école, Marin a une nouvelle passion : plier des serviettes et Célestine me trouve trop sévère (on se demande où les enfants vont chercher des idées pareilles).
On s'est fait plaisir ce matin, on a un nouveau rideau de douche immonde et une passoire rouge qui nous servira d'essoreuse à salade (introuvable ici).

Estelle me gratte le dos avec son pied droit, c'est agréable mais je vais quand même aller lire sous ma tente (on passe pour des fous lorsqu'on dit que l'on dort là dedans).

Le mot du jour : ola (3 lettres)

PS : a l'heure où je vous parle, un groupe de 10 voitures et un bus vient de passer sous la pluie, en pleine nuit et en klaxonnant à tue tête. Nous venons de regarder le site du journal "La nacion" mais rien qui puisse expliquer ce curieux phénomène. Si quelqu'un a un tuyau.

lundi 2 novembre 2009

Une si longue absence



Je manque à tous mes devoirs et pourtant, nul remord ne vient troubler mes jours et mes nuits. La preuve est maintenant faite : il n'est pas possible de compter sur moi.
Reste maintenant à essayer de combler le vide sidéral en nouvelles fraiches et néanmoins moites dont je vous abreuve depuis maintenant plus d'un mois.
La tâche semble aisée tant les évènements se sont bousculé ces derniers jours. Dans un souci de praticité et de flegme, la liste desdits évènements n'est ni chronologique, ni alphabétique. Elle n'est que le reflet de leur ordre d'apparition dans la zone comprise entre mes deux lobes auriculaires :
. San José : la journée fut longue (réveil à 0h45 et coucher à 0h55 le lendemain). Voyage aller sans problème du fait de l'heure matinale. Après avoir déposé ma collègue de co-taxitage à l'aéroport, nous allons prendre un petit déjeuner typiquement .... américain chez Denny's. Nous partons ensuite en direction de l'ambassade de France dont le site internet donne une adresse on ne peut plus explicite : à côté de chez Mitsubishi. On trouve finalement mais ce n'est pas là qu'il faut aller mais au CCCAC (à vous de trouver la signification de l'acronyme). Le monsieur rencontré me donne un document à remplir et fait une photocopie de mon passeport et oublie de me le rendre ce qui me vaudra un aller-retour supplémentaire entre l'ambassade et le CCCAC (vous connaissez maintenant). Mon contact du CCCAC (maintenant essayer de la placer dans une conversation, ça fait classe), lassé de m'attendre, est parti et c'est une autre personne qui me reçoit. Les évaluations des filles passeront bien par la valise diplomatique (qui n'est pas réservée qu'aux capitalistes sanguinaires) puis utiliseront les services de la poste française jusqu'au CNED. Je n'ai pas de timbres et on m'en prête gentillement. Ensuite nous allons faire des courses dans ce qui ressemble à une zone commerciale de France ou des USA (ou d'ailleurs d'ailleurs .... excellente !) mais en flambant neuf. On se fait donc un équivalent de Carrefour, un équivalent de Leroy Merlin et un équivalent de Metro. Juste derrière cette façade rutilante, c'est entre presque-bidonville poussiéreux et mauvaises maisons barricadées derrières des grilles et des barbelés. Le retour est rendu plus ardu par la pluie, les bouchons de San José et un accident de poids lourds. On ne se souhaite pas bonne nuit, ce n'est pas la peine.
. La nouvelle maison : c'est Estelle qui a fait le déménagement. C'est beaucoup plus grand, plus joli, plus frais, plus sûr (à priori), nous avons le téléphone (il nous manque encore l'appareil pour pleinement en profiter) mais aussi plus troué au niveau du toit et plus en panne au niveau de la machine à laver. A l'heure où j'écris, il pleut des cordes et la chambres de Paola et Marin n'est pas étanche. L'eau tombant à côté du lit, tout devrait bien se passer. Dernier point et non des moindres, nous avons accès au wifi non sécurisé de notre voisine ce qui nous remplit d'allégresse, même lorsque les moustiques nous mangent les chevilles (comme actuellement).
. Nous avons testé une nouvelle plage ce soir. Superbe comme les autres et proche de chez nous. Les vagues sont un peu plus grosses et il n'y a pas de douche donc la plage d'Arrecife garde sa première place. Nous avons toutefois décidé d'essayer d'aller y nager le matin pour faire un peu de sport.
. Les enfants : rien de franchement neuf en ce qui les concerne. Célestine a réussi à tomber quatre fois en vélo entre hier et aujourd'hui. Marin engueule toujours les vagues qui lui font boire la tasse. Sidonie n'a pas encore compris qu'elle n'est pas prioritaire face aux voitures et elle se contente d'éviter les trous de la chaussée sans prêter la moindre attention aux autres usagers. Paola a spontanément dansé devant Frédérique qui était venue nous rendre visite. L'expression lue sur le visage de notre voisine indiquait un mélange de surprise et de peur.
. Notre extraordinaire vie sociale : nous avons fêté Halloween (comme tout bon capitaliste sanguinaire à la solde du Satan américain qui se respecte) chez la famille de Momoka. Il y avait avec nous (un ardéchois et une gardoise) : une japonaise et un canadien, une coréenne et un américain, une américaine et un canadien. C'était très bien, Estelle n'a pas vomi.
. Estelle : dans ma croisade pour essayer de réduire sa consommation d'alcool, je tente de diversifier pour désacraliser l'Imperial. J'ai donc acheté un cubitainer de vin blanc argentin (pas mauvais d'ailleurs) qu'elle sirote du matin au soir. Je ne suis pas sûr de ma méthodologie mais je garde espoir.
. Nous avons recueilli un oiseau qui a tenté de se suicider sur le pare brise de l'excellente voiture de notre voisine Frédérique (un vieux Toyota BJ qui roule un jour sur huit environ). Il est encore très fragile psychologiquement car ce soir il a essayé de se noyer dans notre fontaine particulière pleine de têtards (oui, je sais c'est indécent de claquer autant d'argent mais quand on exploite la misère humaine, cela permet certaines extravagances). Il est présentement dans ma caisse en plastique bleu, perché sur une étagère, avec une cuillère à soupe du riz de ce soir.

Pour remplacer (avantageusement) le syllogisme du Mardi soir, voici l'acronyme du premier Mardi du mois, avec dédicace pour Virgile et Anne-Claire :
*Niiomtplaboparmbetzhelbetrabsbomonimonkonotdtekhstromont* (en cyrillique : Нииомтплабопармбетзелбетрабсбомонимонконотдтехстромонт) est le plus long du monde (56 lettres mais 54 en alphabet cyrillique) et signifie : « laboratoire pour des opérations de couverture, de renfort, de béton et de béton armé pour les constructions composites-monolithiques et monolithiques du département de la technologie des opérations du bâtiment assemblé de l'institut de recherche scientifique de l'organisation pour la mécanisation de bâtiment et l'aide technique de l'académie du bâtiment et de l'architecture de l'Union des républiques socialistes soviétiques »

Le mot du jour : complejidad (11 lettres)

jeudi 29 octobre 2009

Un ancien de chez Coca Cola


Laissez moi vous parler d'une de mes théories pourries qui germent périodiquement de mon cerveau astigmate.
Estelle (car elle m'a épousé et a de ce fait fait sienne cette caractéristique qui m'était jusqu'alors propre) et moi même avons une chance incroyable dans la vie :
. J'ai fait des études supérieures malgré une capacité de travail à l'époque évaluée à celle d'une amibe sous coma artificiel et Estelle a survécu malgré le fait que ses membres supérieurs soient reliés par télépathie à Gilbert Montagné.
. Nous avons quatre enfants psychologiquement "spéciaux" mais physiquement sains et quasi indestructibles.
. Nous n'avons pas, à court terme du moins, de projet de divorce.
. Nous sommes actuellement au Costa Rica pour une année à ne rien faire.
Cela parait sympa à première vue mais, comme toujours, il y a une contrepartie. La notre est qu'il nous arrive systématiquement ce que les spécialistes de la question appellent pompeusement "toutes les merdes du monde". Les personnes choquées peuvent faire part de leur indignation au service "Théories pourries de Jérôme M." du CNRS de Gallargues le Montueux.
Exemples :
. Nous nous apercevons que notre maison n'est pas suffisamment alimentée en électricité le jour de la fin des travaux.
. On achète un vélo avec un pneu crevé.
. La caisse choisie au supermarché est systématiquement la plus longue.
. Le menuisier alu a oublié les trous d'évacuation des baies vitrées ce qui nous cause une inondation à la première pluie suivant notre installation.
. Je suis victime d'un attentat terroriste quelques jours après le retour de Sidonie à la maison après un mois de couveuse pour prématurité suivant quinze jours d'hôpital d'Estelle pour rupture anticipée de la poche des eaux (et il y a eut une erreur dans la souscription de l'assurance du prêt d'où absence de couverture).
. On crève un pneu à chaque sortie des vélos.
En droite ligne, nous avons donc eu les rendez vous manqués avec Carl, notre futur propriétaire. Nous devions le voir Vendredi puis Samedi puis Lundi puis Mardi et nous l'avons rencontré ce matin.
L'explication : notre malédiction qui a prit cette fois ci la forme d'un filtre a gazole bouché remplacé tardivement par un filtre à gazole compatible qui ne fonctionne en fait pas et qui oblige ledit Carl à ne pas dépasser le 60 km.h^_-1 (je l'ai écrit comme cela en hommage à un prof de Physique - Chimie de lycée qui a eut beaucoup de problèmes avec moi).
Toujours est-il que, comme d'habitude, tout se termine bien et que nous avons payé la caution et le premier mois (en coupures usagées et non marquées de 20 US$, les seules disponibles au Costa Rica, quelque soit les montant retiré au guichet) même si ce ne fut que deux jours avant la date du déménagement.
Nous sommes ensuite allé au Korrigan Lodge d'Erwann et Ingrid. Leur propriété est superbe avec des aménagements intérieurs qui nous semblaient impossibles à trouver au Costa Rica. Si vous voulez aller à Punta Uva, c'est ici qu'il faut séjourner. Il ont aussi un nid de fourmis Bamba (pas sûr de l'orthographe) qui sont les plus grosses fourmis du monde (et en plus elles sont super agressives et font super mal). Ça fait un peu peur mais Estelle n'a pas pleuré.
Cet après-midi, et grâce aux yeux perçants de Pierre, nous avons repéré le groupe de singes hurleurs qui vient de revenir sur le terrain entre nos deux maisons. Normalement, nous ne dormirons plus le matin après 04h00.
Je vais à San José Vendredi matin (départ 02h00 car il faut déposer quelqu'un à l'aéroport à 06h00) pour nous enregistrer à l'ambassade et envoyer les premières évaluations.
Je voudrai préciser au Bompart que les heures sus-citées sont des vraies heures du matin et pas 14h00 du matin, 16h00 du matin et 18h00 du matin.

Je voudrai juste avoir une petite pensée pour une dame que je ne connaissait pas, qui avait un fils que je connais et qui est partie prématurément.

Le mot du jour : tristeza (8 lettres)

mercredi 28 octobre 2009

Le Costa Rica facile

Le mardi, c'est maintenant presque réglé, c'est Terraza.
On est rôdé, on connait le chemin, on est des habitués.
pendant qu'Estelle apporte sa cargaison quotidienne de schtroumpfs à l'école, je finis la vaisselle et attaque le changement de la chambre à air du pneu arrière du vélo d'Estelle. Vous connaissez maintenant ma propension à avoir des idées qui me rendront riche et célèbre et aujourd'hui ne dérogea pas à la règle puisque j'ai réinventé à la sauce "j'ai pas trop de matériel et le truc que je cherche n'est pas en vente ici" la bande de protection à mettre entre la chambre à air et l'intérieur du pneu. J'ai donc découpé de façon totalement hasardeuse et irrégulière la vieille chambre et je l'ai installée au moment de remontage.
A ceux qui, sentant la juteuse affaire, voudraient monnayer les droits de commercialisation pour la Corée du Nord et l'Afghanistan, sachez que mon invention est totalement open source et que la notice est disponible en basque et en braille sur simple demande (avec une enveloppe affranchie au tarif économique moins de 20gr).
Estelle arrive, on vérifie le matériel et on part ..... pour 20 mètres puisque c'est mon pneu arrière qui crève.
L'hilarité que vous ressentez n'est pourtant rien par rapport à l'abattement qui fut le mien à cet instant. Mais l'abattement fit rapidement place à la joie puisque j'eus cette idée quasi divine de prendre le vélo de Célestine et de le confier aux jambes expertes d'Estelle (et à son exquis postérieur).
Pour ceux qui sont informés du caractère râleur et insatisfait de ma fille ainée et qui ne sauraient pas encore auquel de ses géniteurs attribuer ce trait de caractère, je me permets de préciser qu'Estelle a trouvé que le VTT tout suspendu de sa fille est plus raide que son vélo tout pas suspendu alors que je lui vantais les avantages du système d'amortissement, si judicieux sur les routes défoncées du coin. Je profite donc de l'occasion pour remplacer le syllogisme du Mardi soir par un proverbe du Mardi soir :
"Donner de la confiture aux cochons".
Trajet sans problème jusqu'à la terraza où nous nous installons. Je voudrai d'ailleurs faire profiter de mon expérience les éventuels intéressés par l'expatriation. Il ne faut sous aucun prétexte se mettre à la petite table en verre près du cyber café car elle est trop proche du petit bout de gazon et on se fait manger les jambes par les insectes (et en plus il n'y a pas de ventilateur au dessus). Si vous êtes une vraie chochotte, vous vous mettez dans le cyber café qui est climatisé.
On a eu plein de monde en France et on a vu P&M et Morgan. Sinon aujourd'hui à la terraza, c'était super pas plein du tout.
On est reparti en ayant bu du jus d'orange et mangé un brownie organique au chocolat (Estelle a longtemps cru que c'était de space cakes).
En rentrant Estelle passe chez Caribe Sur où Frédérique lui dit que Carl sera là ce soir et qu'on pourra aller avec elle vers 17h00.
C'est la fête, on mange des hot dogs, on boit une Imperial et on coupe un ananas (à tomber tellement il était bon).
Petit aparté : ici, les saucisses des Strasbourg ont un goût un peu différent et sont surtout surempaquetées individuellement avec du plastique (il s'enlève généralement tout seul pendant la cuisson). Selon Estelle, c'est pour empêcher Olivier de les manger froides (ça parait plausible).
On avait fait faire des tresses africaines aux filles entre autres pour ne pas passer notre temps à leur démêler les cheveux : première erreur car on a passé notre temps à les refaire (les tresses).
On a décidé d'enlever les tresses africaines pour ne plus passer notre temps à les refaire : deuxième erreur car on a mis des heures à les défaire (toujours les tresses).
Sinon Carl n'est en fait pas venu (nous, on est allé deux fois chez lui). Il semble être un gars sur lequel on peut compter à mort. Ça tombe bien puisqu'on doit être locataires chez lui pour un peu plus de huit mois.
Hier soir, en allant me coucher, j'ai tué un scorpion de 10 cm dans notre chambre (ils ne sont pas venimeux quand ils sont gros m'a-t-on dit) et ce matin, Estelle a failli se faire déféquer dessus par un iguane perché sur un arbre au dessus de la route (ça n'est pas passé loin). Il en faut pour tous les goûts.

Le mot du jour : neumatico (9 lettres)

mardi 27 octobre 2009

Qu'est-ce qu'être Bribrite ?


Il est des choses que l'on ne peut se permettre lorsque l'on possède sa résidence principale dans le village de Connaux.
L'une d'entre elles est l'impossibilité de se moquer du patronyme d'une personne ou d'un lieu (ni même d'un animal).
C'est donc l'esprit plein de respect que nous sommes allés ce matin, et pour la troisième fois en ce qui me concerne, dans la "sous-préfecture" de la région. J'ai nommé la fameuse bourgade de Bri-Bri.
Bri-Bri, c'est tout d'abord (et seulement d'ailleurs) une rue commerçante d'environ 500 mètres de long. C'est aussi un poste de police aux abords dignes d'un bidonville indien. C'est aussi un tribunal intégralement peint en vert pétard immonde. C'est enfin des vaches qui paissent dans un bourbier au bord de la route et qui, profitant de l'absence de clôture, traversent la route principale (et unique donc) au milieu des camions et des bus.
Mais comme toute capitale du coin, Bri-Bri c'est aussi plein de petits magasins qui vendent une incroyable camelote. Nous y avons découvert les plastiquerias, nom astucieusement donné à des échoppes qui vendent majoritairement de la camelote en mauvaise matière ... plastique. Nous les avons toutes faites car Estelle rêve, allez savoir pourquoi, de s'acheter des caisses en plastique. On a acheté dans l'une d'elles des crayons à papier (pratiquement impossibles à trouver dans la région) et des chouchous à cheveux. Dans une autre nous avons investit dans des serviettes en papier bible pour la maison (ici, le sopalin est un produit de luxe et les feuilles font 10 cm de largeur). Les plus vifs d'entre vous auront remarqué qu'aucun de produits sus-cités n'est en matière plastique. C'est aussi ça la magie du Costa Rica.
On a ensuite visité le joli terrain de M&C qui possède des arbres gigantesques (parce que nous sommes allés à Bri-Bri avec eux, sales capitalistes sanguinaires et pollueurs). Cette sympathique famille va vivre une sorte de sale expérience dans quelques jours puisqu'elle va quitter la côte caraïbes du Costa Rica pour rentrer en France et passer trois mois à Saint-Etienne (42). Je vous laisser imaginer la différence de climat pour la période allant de mi Novembre à mi Février.
En ce qui concerne les enfants, tout va plutôt bien :
. Sidonie se remet (très, très, très) progressivement de sa chute de Vendredi. Afin de bien marquer l'intérêt que nous accordons à sa santé et son bien-être, nous n'avons fait aucune remarque désobligeante à propos du fait qu'elle ait passé le weekend avec le bras en écharpe dans un pareu jaune et orange.
. Paola s'enfonce jour après jour un peu plus profondément dans sa folie. Ce soir, en mangeant (lentement) ses carottes, elle s'est exclamé sans que personne ne lui ai rien demandé : "Je suis célibataire, mon p'tit gars !".
. Marin a , à nouveau, les cheveux à une longueur règlementaire. La tondeuse semble vouloir se démonter à chaque passage dans les cheveux mais jusqu'alors tout tient encore.
. Célestine a fini son tressage des dernières semaines et commence, d'après ce que nous avons compris, le dessin sur bois.
Pour mettre fin à une situation qui rend Estelle dépressive depuis de trop nombreux jours, nous avons décidé de défaire demain ce qui reste des tresses des filles. Le spectacle des restes de tressage au milieu de cheveux ayant décidé de partir dans tous les sens est en effet assez déprimant. Je pense que des photos de grande valeur seront faites demain.
P&M sont passés nous voir ce soir avec Perlita. Selon toute vraisemblance nous les reverrons plus jamais car Paola a tenu la jambe à Maryse une bonne demi-heure et seule l'excellente éducation de notre amie québécoise l'a empêchée de tuer notre blonde hallucinée.
Le déménagement dans notre nouvelle maison est prévu pour Vendredi ou Samedi mais nous n'avons toujours pas vu le propriétaire qui rencontre, à ce qu'il paraît, de graves problèmes automobiles.
Dans notre soif de découverte, nous avons visité la seule station service du coin que nous avons partagé, le temps d'un plein, avec un gros camion rouge et trois oies blanches. Le prix du sans plomb est ici fixé par l'état à environ 550 colones le litre. Ceci explique peut-être cela (je parle des oies, bien entendu).

Pour finir, et sans vouloir blesser qui que ce soit, je vais me la jouer breton : "Et aujourd'hui encore, il n'a pas plu".

Le mot du jour :

lundi 26 octobre 2009

C'est aussi pour cela qu'on est venu ici


Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais le Costa Rica (enfin le morceau où nous vivons) est vraiment magnifique. C'est vert, luxuriant, sauvage, vallonné, tout ce que j'aime en fait. Toutefois, il y a un truc qui surpasse tout le reste : les plages. Les plages sont vraiment superbes et elles ont cela de magique qu'elle sont presque désertes, totalement préservées, et qu'elles offrent des panoramas dégagés que ces saletés de pourritures d'arbres qui poussent de partout interdisent quelques décamètres plus loin dans les terres.
Au moment où nous sommes de notre séjour, il est très facile de rester scotché pendant de longues minutes en admirant ces paysages fantastiques.
Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, nous sommes allé pique-niquer à Punta Uva. Cela parait simple à dire comme cela mais en fait il n'en est rien :
. Réveil matinal grâce à petit schtroumpf et schtroumpf blonde.
. Réparation du pneu arrière du vélo d'Estelle par l'entreprise "Jérôme - Entretien de bicycletas à Playa Chiquita depuis 2009". C'est un peu cher mais le travail est soigné.
. Deuxième cession de Mathématiques (50 minutes là aussi) avec des résultats beaucoup plus mitigés que la veille.
. Estelle confie notre nourriture et nos boissons à la glacière de P&M puis va skyper (non, vous ne rêvez pas, mais après plusieurs jours sans contact avec sa maman, Estelle skype de chez Caribe Sur et semble ne pas avoir envie de mourir).
. Nous partons ensuite en direction de Punta Uva. A mi chemin, le pneu arrière d'Estelle éclate et nous décidons de l'abandonner (ainsi que sa blonde passagère) à son triste sort. Cela peut paraître cruel mais au Costa Rica, les bons sentiments ne sont pas de mise.
Nous continuons donc avec Célestine et Sidonie, qui perd une pédale en chemin, mais mon petit nécessaire de vélo (57 pièces et 35 kg) vient rapidement à bout du problème.
Nous arrivons à Punta Uva où P&M ainsi que M&C sont déjà arrivés. Je dépose ma progéniture
et repart avec Morgan récupérer le reste de la meute qui devise négligemment au bord de la route.
Nous passons ensuite une très très agréable journée. Nous faisons la connaissance d'une autre famille française qui est installée à Manzanillo (mon rêve) depuis quelques années.
Les enfants passent des heures dans l'eau qui est ici beaucoup plus calme avec une grande plage de sable fin. En ce qui nous concerne, la journée à profiter des effets conjugués de l'ombre et de la brise marine fut un enchantement permanent. Ce qui fait aussi un peu bizarre, c'est de ce dire que ce type d'activité est ici possible pratiquement toute l'année puisque les températures de l'eau et de l'air ne varient que très peu.
L'expert ayant analysé le pneu, "Jérôme - expertises de bicycletas à Punta Uva depuis 2009" ayant déclaré la chambre à air non réparable, je pars avec les deux grandes à la nuit tombante alors qu'Estelle et les deux petits rentrent avec P&M.
Fin de journée tranquille où nous profitons avec délice de notre vie sans objectif sinon celui de prendre le maximum de plaisir.

Ce soir, lassé par les piqures nocturnes qui accompagnent ma nuitale prose, je couche mes impressions en position allongée, sous la tente protectrice, mon épouse manifestement absorbée par d'autres mots que les miens.

dimanche 25 octobre 2009

Prochaine étape : le bac

Il est une chose qui semble-t-il est plus présente au Costa Rica que dans beaucoup d'autres endroits de notre petite planète bleue : l'incertitude.
Une charmante jeune dame de l'agence immobilière (qui en plus se prénomme Paola) m'en parlait un samedi après-midi ensoleillé : "Au Costa Rica, il ne faut pas un plan B mais un plan C, un plan D, un plan E .....".
L'erreur basique consiste à penser qu'une affaire, un projet, une vente ou toute transaction va se réaliser à partir du moment où les deux parties sont tombées d'accord.
Les exemples sont légions et agrémentent les conversations de tous les étrangers de la place de coups foireux et autres affaires déjà bouclées qui finissent au mieux en eau de boudin.
Comme dirait le manuel de français du CNED de Célestine dans la leçon 9 de la séquence 1 : "Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué" sauf qu'au Costa Rica cela donne plutôt : "Il ne faut pas acheter la peau du singe avant de l'avoir tué, dépecé, d'avoir méticuleusement enlevé la peau, d'avoir fait une analyse ADN complète afin de déterminer le genre exact de l'animal, d'avoir fait une recherche par chromatographie en phase gazeuse des éventuels polluants, d'avoir tanné la peau et assemblé le vêtement". Cela peut paraître un peu tatillon mais ici douze précautions valent mieux que onze.
Tout ça pour dire (oui, je sais, j'ai tendance à me perdre moi-même dans les sombres et tortueux méandres de mon esprit dérangé) que nous cherchons un endroit pour vivre et que pour cela, plusieurs pistes se doivent d'être suivies.
Aujourd'hui j'ai visité deux maisons mitoyennes de Mr Edwin Brown, black rasta aussi typique que sympathique (je sais, je suis un prince de la rime). Lors de la conversation téléphonique pour prendre rendez vous, il me dit qu'il arrivera avec une Mitsubishi ce qui, ici comme en France, est d'une superbe banalité. Sauf que Mr Brown n'a pas un quelconque pick up L200 King Cab comme les parvenus de chez nous (j'ai vendu le nôtre aux Bompart, ces sales parvenus capitalistes sanguinaires) mais une berline inconnue de votre serviteur qui a la particularité fabuleuse d'avoir la boucle de la ceinture de sécurité qui avance, grâce à un ingénieux système électriquement motorisé, de l'arrière vers l'avant en cheminant tranquillement dans le haut de l'encadrement de la fenêtre. Ça marche tout seul à chaque ouverture de portière et je peux vous dire que ça calme un chouïa.
Sinon la maison était moyenne et très chère, passons au plan Z.4.T.a (tout comme les immatriculations de voitures en France métropolitaine, nous avons dû mettre en place une nouvelle numérotation à cause de l'accumulation de plans foireux et autres espoirs déçus).
Nous sommes ensuite partis à bicyclette, ma douce moitié et moi-même, vers une nouvelle chimère à trois chambres dont nous avait parlé Mr Pinto, notre excellent agent immobilier à qui nous avions préalablement compté nos malheurs d'honnêtes gringos cambriolés.
Nous avons réellement trouvé la maison qui est superbe, grande, à priori libre et potentiellement dans nos prix. Estelle a failli défaillir (avec un début de phrase comme celui-ci, c'est la Pléiade assurée ou alors je n'y connais rien. Qui a dit "La deuxième réponse" ?) en apercevant le four, le nombre d'assiettes et de couverts et la taille du réfrigérateur. Imaginez-vous messieurs (même ceux qui disent ne rien avoir à faire des voitures pour avoir l'air moderne) que l'on vous propose une Ferrari pour moins cher que la Lada de 1985 que vous louez depuis 10 ans (j'en profite pour rappeler aux nostalgiques que ces sympathiques voitures d'origine slave avaient à l'arrière une inscription "5 vitesses" là où d'autres arboraient de fiers "106 GTDi 3.0 V12 Kids", mais je suis d'accord, je m'égare à nouveau). Inutile de vous dire qu'on est un peu intéressés. La réponse devait parvenir dans la journée à Frédérique de l'agence immobilière (oui, ils sont très nombreux et très sympas) et ce soir, nous sommes allé, l'air de rien, montrer la maison aux enfants. Estelle, l'air de rien (on est assez détachés comme gens), est allé demander des nouvelles à Frédérique (car elle habite au même endroit) : pas encore de réponse. La question est donc : devrons nous classer le dossier Z.4.T.b ? J'espère bien que non.
Le retour fut festif puisque Sidonie a, à nouveau, perdu sa pédale gauche et comme les outils sont partis avec un cambrioleur, nous sommes rentrés de nuit, au milieu des trous et des bosses, à trois sur deux vélos avec un seul qui pédale : Bilou. Ben vous savez quoi : ça se fait.
Autre fait marquant de la journée : Estelle a assisté à la réunion d'information de la nouvelle équipe enseignante de l'école de Playa Chiquita et il semblerait qu'ils veuillent bien de nos quatre schtroumpfs l'année prochaine (soit à partir de février 2010). Comme vous l'aurez compris, on garde la tête froide et on attend du concret pour se réjouir vraiment.
Comme nous sommes aussi optimistes que festifs, nous avons décidé, pour fêter les deux presque bonnes nouvelles, d'agrémenter le coca et les Imperial (oui, cela ne s'accorde pas comme cela on s'aperçoit moins que mon épouse boit trop) avec des gâteaux apéritif et des olives vertes farcies au poivron (je sais, on est gavé de thunes mais on est des nouveaux riches et on aime bien que cela se sache).
Après cela, on ne pouvait pas faire moins qu'un gratin de choux-fleur fait maison.
Sinon la rentrée s'est bien passée et le CNED a été très agréable aujourd'hui.

Le mot du jour : esperanza (9 lettres)

samedi 24 octobre 2009

La civilisation, la vraie

Aujourd'hui fut un jour à marquer d'une pierre de couleur absorbant toutes les autres.
En effet, ce matin, après la dépose quotidienne de schtroumpfs à l'Escuela de Playa Chiquita Punta Uva, nous avons rejoint P&M chez eux avant de tous nous élancer, dans la joie et la bonne humeur, vers la fameuse cité de Puerto Limon qui, à la différence de Puerto Viejo, a un vrai port, elle, et même un gros (le plus important du pays en fait).
Le trajet est charmant et nous a permis de voir du vert, des bananeraies, la mer, des rivières et l'aéroport de Puerto Limon qui n'est en fait qu'une piste goudronnée au milieu de nulle part (elle n'est pas utilisée mais il paraît qu'elle peu accueillir de gros avions).
L'arrivée à Puerto Limon est spectaculaire dans le sens que cela ne ressemble à rien. C'est une suite de rues perpendiculaires (tous les 100 mètres ce qui fait que les gens indiquent le chemin en distances à droite et à gauche, pas en nombre de rues) avec des magasins, des voitures et des gens partout. L'architecture est assez harmonieuse car le mode de construction de l'endroit est scrupuleusement respecté par tous les propriétaires immobiliers du coin. Lorsque le bâtiment s'écroule (tout ou partie) et cela doit arriver régulièrement, on le remonte ou on le répare avec 50% de matériaux issus du bâtiment lui-même (c'est pratique, écologique, durable et pas cher) et 50% de matériaux soigneusement sélectionnés pour leur mauvaise qualité et leur inesthétisme manifeste.
Dans ce truc, il y a pourtant des banques internationalement implantées, une station Total exactement comme chez nous et surtout, un vendeur d'informatique exactement comme chez nous, avec les mêmes choses à l'intérieur. Ils ont même poussé le mimétisme jusqu'à mettre au milieu des cartes G-Force et autres périphériques Logitec, une foule de jeunes gens boutonneux aux yeux explosés par de trop longues nuits passées à vouloir écrire des lignes de code pour faire la peau à Bill G. On leur a acheté une paire de petites enceintes à 3100 colones pour les (rares) jours de pluie où le son de l'ordinateur peine à masquer celui des gouttes.
Vint ensuite le point d'orgue de notre visite puisque nous sommes ensuite allé au "Super Bodega" qui est un supermarché (mais un vrai cette fois ci) comme on peut en trouver chez nous. Je ne vous raconte pas le bonheur que nous avons lu sur le visage d'Estelle pendant qu'elle virevoltait entre les rayons. Ivre de plaisir, elle a acheté 3kg de viande hachée, 4kg de blancs de poulet et 1 kg de filets de Tilapia. Les prix sont incroyablement bas et pour vous le prouver, je vous donne le prix du combiné radio - lecteur enregistreur de cassettes que nous nous sommes offert : moins de 4000 colones.
On a aussi acheté :
. 6 litres de coca.
. 12 litres de lait.
. 48 Imperial (ça nous fait presque trois jours).
. 3 litres de jus d'orange.
. Une tondeuse à cheveux (j'attaque Marin dès que possible).
. Une balance de cuisine (après réparation elle est précise à 100gr près).
. Un verre doseur.
. Un caisse en plastique pour mettre mes courses du Samedi sur mon porte baguages.
. Des cassettes vierges pour notre sound machine.
. Une bouteille de Baileys pour P&M
. Un pot à eau, un beurrier et une salière-poivrière
Et plusieurs autres trucs, soit un caddie plein et tout ça pour 150.000 colones.
Ce qui est fabuleux, c'est que j'ai eu une casquette Dos Pinos (notre lait, notre jus de fruit et notre crème pas fraiche) gratuite qui me transforme instantanément en pur tico.
Nous sommes par contre revenus en retard et nous avons récupéré les schtroumpfs chez M&C.
On a fait des sacs congélation avec la tonne de viande achetée par Estelle.
Dernières révisons avant les examens de demain et après-demain.
Repas Tilapia - Riz.
Il est à noter que la cuisson du riz est spéciale puisque en plus de le faire cuire, il faut aller à la pêche aux petits vers blancs qui vivent dedans (en fait le sachet était percé). Estelle, qui n'avait encore rien bu, a fait sérieusement la gueule.

Il a plu toute la fin de journée et les insectes nous mangent littéralement ce soir, je me casse.

Le mot du jour : gusano (6 lettres)

vendredi 23 octobre 2009

Mais quand va-t-il donc se lasser ?

Ce matin, les deux petits sont venus nous réveiller à 06h00 du matin et, malgré notre coucher plutôt précoce, nous aurions bien attendu un peu plus avant de nous lever.
Ceci nous permet toutefois d'être un peu en avance et nous en profitons pour refaire quelques tresses de Célestine dont la coiffure a remarquablement souffert du temps qui passe (nous n'arrivons pas à savoir si cela est dû à la pousse effrénée de ses cheveux ou à la mauvaise technique de la dame qui s'est occupée d'elle).
Après avoir déposé les enfants, Estelle me rejoint à la maison où j'ai fait la vaisselle. Je tente ensuite de finaliser la fixation du siège de Marin sur mon vélo mais ma mutation d'/homo bureauticus/ en /homo mecanicus autonomus/ n'est pas encore achevée et je suis au bricoleur ce que la chrysalide est au papillon : un état transitoire sans réelle utilité.
Nous mettons ensuite en place un plan d'action pour les révisions et les évaluations de la séquence 1 de Français et de Mathématiques.
Nous partons ensuite chez P&M pour leur montrer un terrain à vendre dont j'avais trouvé l'annonce lorsque je voulais acheter ici (je veux toujours un peu, d'ailleurs). On discute un coup et ils nous montrent des photos d'animaux dont un boa d'au moins quatre mètres rencontré à moins de cent mètres de la maison. Estelle apprécie moyennement. Nous prenons rendez vous avec eux pour demain matin car ils nous emmènent à Puerto Limon avec eux. La perspective d'achats multiples dans cette immense mégalopole ultra développée déclenche en Estelle, une bouffée d'endorphines comparable à celle qui suit l'absorption d'une demi-douzaine d'Imperial. Elle prend congé en titubant.
Nous partons ensuite en direction du Korrigan Lodge de Punta Uva qui appartient à Erwann et Ingrid, deux jeunes français dont le fils est à l'école avec Paola et Marin.
Il est temps pour moi de vous dévoiler une nouvelle théorie pourrie de ma fabrication :
"Il ne faut jamais doubler quelqu'un en vélo au Costa Rica car cela entraine, presque immédiatement, un problème mécanique".
Cette théorie m'est venue lors de mon aller-retour Cahuita - Cocles où arrivant transpirant et mal équipé juste avant Puerto Viejo, j'ai littéralement déposé une dame (je sais c'est mal mais j'avais chaud) équipée d'un VTT course avant de voir ma chaîne sauter trois fois en moins d'un kilomètre. Il est à noter que la même chose s'est produite au retour et avec la même dame qui doit d'ailleurs encore en rigoler.
En chemin, et en violation flagrante de ladite théorie, nous dépassons un monsieur en vélo avec dans la charrette accrochée à l'arrière, un moteur d'annexe au milieu d'une sorte de capharnaüm qui semble indiquer qu'il est plongeur ou pêcheur.
Deux cents mètres plus loin, Estelle crève du pneu arrière : irréparable.
Nous rentrons donc à pieds sans avoir atteint notre but. Estelle en profite pour aller se renseigner sur les cours de yoga au Treehouse Lodge (2000 colones la séance).
Dans le cadre de la désintoxication d'Estelle, nous testons une nouvelle boisson apéritive : l'infusion froide de Rosa de Jamaïca (ou Hibiscus). C'est assez bon mais ne rêvons pas, cela ne suffira jamais à la faire décrocher.
Nous allons ensuite tester les limites de notre patience en relevant nos mails chez Caribe Sur.
Je vais ensuite au Duende faire des courses et Estelle va chercher les enfants.
Après-midi révisions puis apéritif de fête bien que nous n'ayons pas décidé ce que nous fêtions.
Aujourd'hui, Célestine nous a demandé de faire en sorte qu'à partir d'aujourd'hui, et pour faciliter son apprentissage de la langue de Cervantès, nous ne parlions plus qu'espagnol à la maison. Nous l'avons bien entendu encouragée à commencer tout de suite et nous sommes immédiatement revenus au français.
En effet, la seule conversation qu'elle a pu produire avec Sidonie est la suivante :
"Hola, como estas ?"
"Muy bien, y tu ?
"Muy bien"
Par contre elles peuvent le faire en boucle.
Puisque nous en sommes à parler espagnol et que le Jeudi soir est pauvre en manifestations culturelles, je me propose de lancer une initiative dont j'ai le secret : "Le proverbe du Jeudi soir".
Quitte à avoir des ambitions, autant commencer fort. Ce soir c'est la crème de la crème du proverbe espagnol que je vous sert sur un plateau de plastique brillant (on n'a pas apporté l'argenterie) :
"No hoy se confundir la velocidad con el tocino"
Ce qui veut littéralement dire :
"Il ne faut pas confondre la vitesse et le lard"
Et là où cela devient croustillant c'est que notre manuel (jeu de mot, lorsque je vous dis que c'est un blog culturel) d'espagnol dit que c'est l'équivalent strict du français :
"Il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes".
Vous imaginez bien que chaque fois que je sors cette phrase, je passe immédiatement pour un sous débile ce qui fait que je la sors à chaque occasion.

Les enfants pleurent de désespoir dans leur lit et moi, tel Mme de Sévigné, je tente de rompre l'isolement dans lequel l'alcoolisme de mon épouse me cloitre en envoyant missive sur missive. Estelle est dans le hamac et récite des mots en espagnol dont elle ne comprend rien puisqu'elle a bu ce soir encore. Encore dix mois, cela va être dur.

Le mot du jour : degradaciòn (11 lettres)

jeudi 22 octobre 2009

Le monde est un petit village

Hier, comme les plus assidus s'en rappellent, nous avons eu la visite de Frédérique, du conglomérat international Caribe Sur et qui sera bientôt notre voisine (si le plan du moment ne foire pas comme ses prédécesseurs).
Lors de notre longue discussion nous nous sommes aperçu que nous avions plein de points communs :
. Elle est de Montpellier et nous y avons fait nos études (enfin surtout Estelle).
. C'est une fille et Estelle aussi (ça commence à devenir troublant ces points communs).
. Son frère est assureur à Lunel et nous y connaissons un médecin louche, sans activité depuis des années et amateur de merguez flottantes (il en a même deux).
. Le même frère (ou l'autre car elle en a deux soit un de moins que moi, tout de même) est propriétaire d'un petit îlot au Nord de Mahon (Minorque - Espagne - Juste en dessous de Port Camargue) et près duquel nous avons passé une nuit cet été lors de notre croisière estivale (vous avez vu comment, l'air de rien, j'amène le sujet sur la croisière familiale qui en jette. C'est ça, la marque des vrais parvenus capitalistes sanguinaires).
. Elle vit au Costa Rica et nous aussi (ça, par contre, c'est vraiment dingue).
Vous êtes déjà en train d'appeler votre famille, vos amis et vos collègues de bureau pour leur raconter cette histoire ahurissante (grâce à moi vous êtes à la source d'un buzz mondial) et pourtant sachez que j'ai encore plus fort :
. Morgan de chez M&C est stéphanois et connait Chamboeuf. Pour les plus crassement incultes d'entre vous, Chamboeuf (France - 42 - Saint Etienne) est le berceau de l'illustre famille Jacquemet dont un des membres (pas celui avec le meilleur caractère, je vous l'accorde) n'est autre que ma tendre maman que j'embrasse au passage.
J'en suis maintenant à scruter attentivement les gens que je croise ici pour ne pas passer à côté de Christophe Portella ou Fabrice Teste (deux amis de l'école primaire) sans les saluer (on ne sait jamais, ils sont peut-être devenus susceptibles avec le temps).
N'ayant pas relevé ni envoyé de mails aujourd'hui, je ne sais pas combien d'entre vous m'ont signifié leur mécontentement concernant l'absence du syllogisme du Mardi soir dans mon dernier message (d'un autre côté, je n'ai pas encore envoyé le message mais ma droiture me contraint de ne point modifier ce qui est dans le dossier "Messages en attente").
Je vais donc vous en offrir un ce soir qui, cerise sur le clafoutis aux pommes, parle d'un sujet que j'aborderai dans un prochain message.
"Roland M. est maniaque; Roland M. est le père de Jérôme M; donc Jérôme M. est maniaque". Les noms ont été soigneusement anonymisés pour éviter que des personnes actuellement à la retraite et ne supportant pas qu'on touche à leurs lunettes correctrices ne soient reconnues et pourchassées par les bien pensants.
Sinon à part ça, journée d'aujourd'hui sous le signe de la faune car :
. Le perroquet que nous pensions être un enfant bruyant dans le voisinage a passé quelques heures dans le cocotier qui jouxte notre maison (il est bien bruyant et n'est effectivement pas un enfant).
. Le singe hurleur qui était là hier après -midi et parti en nous ayant fait la joie de ne pas hurler cette nuit.
. J'ai vu un paresseux à quelques mètres de notre chemin. Celui-ci est tellement lent que j'ai cru qu'il était resté accroché après être décédé et que son corps était en train de pourrir à 10 mètres du sol, accroché par ses trois griffes tétanisées lors de son passage vers l'au delà (oui car je suis persuadé qu'il y a un au delà pour les paresseux mais pas loin car ils sont très lents).
. Des grenouilles sont venues nous rendre visite.
. J'ai tué une grosse araignée et un minuscule scorpion, tout ça à la demande d'Estelle.
Par ailleurs, ce matin fut très actif :
. Estelle a fait le lessive.
. J'ai procédé à l'entretien des vélos. Donc c'est maintenant officiel, c'est vraiment (veuillez excuser cet écart de langage) de le merde.
. J'ai ouvert trois noix de coco.
. J'ai affuté ma machette.
. On a fait des courses.
Je sais ce que vous êtes en train de vous dire, et vous avez raison : Estelle ne fait rien. D'un autre côté, avec le nombre d'Imperial qu'elle ingurgite chaque jour, nous sommes déjà heureux, les enfants et moi, qu'elle arrive à tenir debout.

Je vais encore avoir une réflexion comme quoi, il n'est peut-être pas opportun d'envoyer ce genre d'âneries à l'école de nos enfants. D'un autre côté, si on commence à écouter les divagations d'une alcoolique ....

Le mot du jour : gafas (5 lettres)

mercredi 21 octobre 2009

Une douce monotonie

Il pleut.
Il pleut depuis la fin de la journée mais la pluie est si présente en ce moment qu'on a l'impression que cela fait très longtemps qu'il s'est mis à pleuvoir. Peut-être aussi parce que nous vivons constamment dehors et donc en contact direct avec la musique de la pluie (à la différence de la France où seule l'image nous atteint et encore qu'une petite partie du temps).
Ici la pluie semble faire partie de la vie quotidienne mais au même titre que la nuit, la chaleur, le soleil, la moiteur ou le vent.
Les enfants se rapprochent des enceintes de l'ordinateur, on diffère lavage du linge sale, on vérifie si on a encore des serviettes sèches, on met la douche sur position "chaud" et on reporte la sortie pour les courses. A part ça rien de différent, la vie suit son cours.
Le pluie fait partie intégrante de notre vie et son caractère imprévisible mais quasi certain nous oblige à tenir compte de son éventuelle arrivée lors de chacun de nos déplacements.
Ce matin, après avoir déposé les enfants à l'école, nous sommes partis Estelle et moi en direction de la terraza. J'ai pris son vélo car la chaîne est détendue et elle saute donc régulièrement. J'ai bien entendu pompeusement sorti une de mes théories fumeuses selon laquelle, pour éviter le déraillement, il faut essayer de toujours garder la chaîne sous tension et donc conserver, en toute occasion, un minimum de pédalage. Ceci paraît à priori facile sur nos belles routes métropolitaines asphaltées mais ici, au milieu des cailloux et des nids de ptérodactyles, c'est un exercice plus que périlleux que mon esprit chevaleresque me commande d'exécuter à la place de ma tendre et chère.
Après avoir vérifié que ma théorie est effectivement fumeuse, je dépose Estelle au Pirripli (supermarché qui nous est encore inconnu, qu'Estelle a renommé "Pilipili" et qui jouxte la terraza encore close à cette heure matinale). Nous échangeons les vélos (je suis chevaleresque mais pas totalement stupide) et je fonce à Puerto Viejo. J'y achète des outils (dont le prix a, à ma grande satisfaction, très légèrement baissé depuis Samedi matin), des sacs à dos pour les deux grandes (4250 colones pièce) et diverses denrées introuvables dans notre coin reculé.
Je rejoins Estelle à la terraza en nous skypons et surfons jusqu'à 12h00. Entretemps, je suis allé acheter du jus d'orange au Pilipili et j'y ai fait la découverte qui va peut-être entrainer notre installation définitive au Costa Rica : une bouteille de Martini blanc (nouveau modèle design en plus) de 75cl et pour moins de 6000 colones. Inutile de vous dire l'onde de choc qui parcouru alors ma colonne vertébrale. J'ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Avant de prendre une décision qui engagera la famille toute entière, il faudrait que l'un des rares lecteurs que mon verbeux langage n'a pas encore fait fuir, me fasse l'amitié d'aller vérifier le prix de ladite bouteille dans son supermarché habituel.
A la sortie de l'école, nous confions Paola à M&C qui la gardent chez eux jusqu'à demain matin. J'ai l'impression qu'ils ne savent pas ce qui les attend avec l'autre follasse blonde.
A la maison, des employés de chez Caribe Sur (qui doit finalement être un des plus gros employeurs du continent américain) sont en train de réparer les dégâts occasionnés par les cambrioleurs et fait le ménage hebdomadaire.
Frédérique (de chez Caribe Sur), notre future voisine potentielle arrive en vélo et nous annonce que le propriétaire de la maison visitée la veille est d'accord pour nous la louer. Nous sommes encore un peu méfiants (surtout moi) mais très heureux d'apprendre cette nouvelle. Frédérique reste discuter avec nous .... jusqu'à la fin du repas du soir. Entretemps, les deux grandes sont rentrées de l'école et n'ont pas trop insisté pour faire leur séance quotidienne de CNED, Marin a dormi et nous avons blagué un après-midi entier.
Comme d'habitude ici, le parcours de ladite Frédérique est assez tortueux : Montpellier, Paris, USA, Inde et Costa Rica.
Ce soir nous avons mangé du lomito avec des haricots verts (achetés frais au Duende) et des gnocchis (même origine). C'était excellent et on se serait cru en France.
Paola partie, Sidonie est descendue d'un étage et dort avec Marin. Célestine, restée seule dans sa chambre, essaie maladroitement de cacher son désarroi.

Les enfants dorment, Estelle lit, je me répands et la pluie tombe. Seule l'absence de Paola trouble cette douce monotonie.

Le mot du jour : charlar (7 lettres)

PS : le correcteur orthographique de Thunderbird propose "vomito" à la place de "lomito" et pourtant, le lomito, c'est vraiment très bon.

mardi 20 octobre 2009

Le plan M

Il est une chose qui semble-t-il est plus présente au Costa Rica que dans beaucoup d'autres endroits de notre petite planète bleue : l'incertitude.
Une charmante jeune dame de l'agence immobilière (qui en plus se prénomme Paola) m'en parlait un samedi après-midi ensoleillé : "Au Costa Rica, il ne faut pas un plan B mais un plan C, un plan D, un plan E .....".
L'erreur basique consiste à penser qu'une affaire, un projet, une vente ou toute transaction va se réaliser à partir du moment où les deux parties sont tombées d'accord.
Les exemples sont légions et agrémentent les conversations de tous les étrangers de la place de coups foireux et autres affaires déjà bouclées qui finissent au mieux en eau de boudin.
Comme dirait le manuel de français du CNED de Célestine dans la leçon 9 de la séquence 1 : "Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué" sauf qu'au Costa Rica cela donne plutôt : "Il ne faut pas acheter la peau du singe avant de l'avoir tué, dépecé, d'avoir méticuleusement enlevé la peau, d'avoir fait une analyse ADN complète afin de déterminer le genre exact de l'animal, d'avoir fait une recherche par chromatographie en phase gazeuse des éventuels polluants, d'avoir tanné la peau et assemblé le vêtement". Cela peut paraître un peu tatillon mais ici douze précautions valent mieux que onze.
Tout ça pour dire (oui, je sais, j'ai tendance à me perdre moi-même dans les sombres et tortueux méandres de mon esprit dérangé) que nous cherchons un endroit pour vivre et que pour cela, plusieurs pistes se doivent d'être suivies.
Aujourd'hui j'ai visité deux maisons mitoyennes de Mr Edwin Brown, black rasta aussi typique que sympathique (je sais, je suis un prince de la rime). Lors de la conversation téléphonique pour prendre rendez vous, il me dit qu'il arrivera avec une Mitsubishi ce qui, ici comme en France, est d'une superbe banalité. Sauf que Mr Brown n'a pas un quelconque pick up L200 King Cab comme les parvenus de chez nous (j'ai vendu le nôtre aux Bompart, ces sales parvenus capitalistes sanguinaires) mais une berline inconnue de votre serviteur qui a la particularité fabuleuse d'avoir la boucle de la ceinture de sécurité qui avance, grâce à un ingénieux système électriquement motorisé, de l'arrière vers l'avant en cheminant tranquillement dans le haut de l'encadrement de la fenêtre. Ça marche tout seul à chaque ouverture de portière et je peux vous dire que ça calme un chouïa.
Sinon la maison était moyenne et très chère, passons au plan Z.4.T.a (tout comme les immatriculations de voitures en France métropolitaine, nous avons dû mettre en place une nouvelle numérotation à cause de l'accumulation de plans foireux et autres espoirs déçus).
Nous sommes ensuite partis à bicyclette, ma douce moitié et moi-même, vers une nouvelle chimère à trois chambres dont nous avait parlé Mr Pinto, notre excellent agent immobilier à qui nous avions préalablement compté nos malheurs d'honnêtes gringos cambriolés.
Nous avons réellement trouvé la maison qui est superbe, grande, à priori libre et potentiellement dans nos prix. Estelle a failli défaillir (avec un début de phrase comme celui-ci, c'est la Pléiade assurée ou alors je n'y connais rien. Qui a dit "La deuxième réponse" ?) en apercevant le four, le nombre d'assiettes et de couverts et la taille du réfrigérateur. Imaginez-vous messieurs (même ceux qui disent ne rien avoir à faire des voitures pour avoir l'air moderne) que l'on vous propose une Ferrari pour moins cher que la Lada de 1985 que vous louez depuis 10 ans (j'en profite pour rappeler aux nostalgiques que ces sympathiques voitures d'origine slave avaient à l'arrière une inscription "5 vitesses" là où d'autres arboraient de fiers "106 GTDi 3.0 V12 Kids", mais je suis d'accord, je m'égare à nouveau). Inutile de vous dire qu'on est un peu intéressés. La réponse devait parvenir dans la journée à Frédérique de l'agence immobilière (oui, ils sont très nombreux et très sympas) et ce soir, nous sommes allé, l'air de rien, montrer la maison aux enfants. Estelle, l'air de rien (on est assez détachés comme gens), est allé demander des nouvelles à Frédérique (car elle habite au même endroit) : pas encore de réponse. La question est donc : devrons nous classer le dossier Z.4.T.b ? J'espère bien que non.
Le retour fut festif puisque Sidonie a, à nouveau, perdu sa pédale gauche et comme les outils sont partis avec un cambrioleur, nous sommes rentrés de nuit, au milieu des trous et des bosses, à trois sur deux vélos avec un seul qui pédale : Bilou. Ben vous savez quoi : ça se fait.
Autre fait marquant de la journée : Estelle a assisté à la réunion d'information de la nouvelle équipe enseignante de l'école de Playa Chiquita et il semblerait qu'ils veuillent bien de nos quatre schtroumpfs l'année prochaine (soit à partir de février 2010). Comme vous l'aurez compris, on garde la tête froide et on attend du concret pour se réjouir vraiment.
Comme nous sommes aussi optimistes que festifs, nous avons décidé, pour fêter les deux presque bonnes nouvelles, d'agrémenter le coca et les Imperial (oui, cela ne s'accorde pas comme cela on s'aperçoit moins que mon épouse boit trop) avec des gâteaux apéritif et des olives vertes farcies au poivron (je sais, on est gavé de thunes mais on est des nouveaux riches et on aime bien que cela se sache).
Après cela, on ne pouvait pas faire moins qu'un gratin de choux-fleur fait maison.
Sinon la rentrée s'est bien passée et le CNED a été très agréable aujourd'hui.

Le mot du jour : esperanza (9 lettres)

lundi 19 octobre 2009

Fin des vacances

Le choc post-traumatique consécutif au cambriolage ne fut pas si important que cela puisque tout le monde dormi relativement bien cette nuit là.
Les discussions sur le vol, les voleurs et toutes ces sortes de choses furent assez nombreuses mais à priori pas de psychose (en plus cette année nous avons des cours d'éducation civique ce qui nous fait de magnifiques travaux pratiques).
Ce matin nous avons eu une séance de Français - Mathématiques qui s'est plutôt bien passée. Ceci nous a permis de manger assez tôt et c'est une chance car Momoka et sa maman sont arrivées pour prendre le café alors que nous n'en étions qu'aux deux tiers du repas.
Estelle a retenu nos invitées au rez de chaussée pendant que je tentais de faire disparaitre les traces du repas.
Nos invitées étant soit japonaise, soit à moitié japonaise, elles n'ont fait aucune réflexion sur l'état lamentable de la cuisine à leur arrivée.
Nous avons passé un excellent moment à discuter (en français avec un tout petit peu d'anglais et d'espagnol) avec cette charmante dame qui a vécu au Japon, en France et au Canada avant de venir au Costa Rica. Elle a fait et fait encore tout une foule de métiers au gré de ses déplacements et des possibilités des lieux où elle réside. J'ai parlé de mon rêve d'aller vivre au Japon et selon elle c'est possible et pas si cher que cela (et Estelle semble presque tentée).
Sa fille de 7 ans (parlant anglais, japonais et espagnol) se lève à 05h00 chaque matin et fait une heure de japonais et une heure de piano (son papa est saxophoniste de jazz) avant d'aller à l'école. Cela nous permet de relativiser la charge de travail "infligée" aux deux grandes.
Je suis ensuite allé chez Caribe Sur pour continuer les recherches d'un endroit où passer le mois de janvier et j'ai trouvé quelques pistes.

Fin de journée tranquille en attendant la tombée du jour.

Ce soir, repas exceptionnel qui ravit tout le monde : œufs à la coque. L'immense bricoleur que je suis découpe la boîte à œufs et en fait six superbes coquetiers durables qui ne tiennent pas droit. Nous n'avons que trois cuillères à café dans notre ménagère et il nous faut donc mettre en place un roulement. Au Costa Rica aussi, la fabuleuse blague qui consiste à retourner son œuf vide à l'envers pour faire croire qu'il est encore plein marche à tous les coups et fait énormément rire (je ne m'en lasse pas).

Le mot du jour : huevo (5 lettres : vivement la rentrée).

dimanche 18 octobre 2009

Déjà trois ans !

Il y a trois ans aujourd'hui il faisait gris sur Nîmes mais on s'en foutait royalement car Marin venait de naître et tout s'était bien passé.
L'après-midi j'ai travaillé à la Coupole et ça, par contre, cela faisait longtemps que je ne m'en foutait plus et que je savais que je ne ferai pas ça toute ma vie.
Estelle était en congé maternité depuis quelques temps déjà, Célestine avait 5 ans, Sidonie 4 ans et Paola 2 ans.
Ce n'était qu'il y a trois ans et cela semble pourtant il y a une éternité.
Depuis, il s'est passé plein de choses, j'ai eu plein de projets plus ou moins réalisables et puis finalement, nous avons eu l'opportunité de partir pour un an.
Je voulais tester un changement de vie radical et je dois dire que j'ai été servi :
. Nous avons un seul point d'eau chaude dans la maison : la douche.
. Notre bien le plus onéreux est, de loin, ma paire de lunettes.
. Notre surface habitable a été divisée par 4.
. Nous n'avons ni internet ni téléphone.
. Nous n'avons pas le moindre objet fonctionnant avec un moteur.
. La majeure partie de ce qui fait la facilité de la vie européenne telle que nous la connaissons est inconnu ici.
. Chaque fois qu'il pleut, le risque de coupure électrique est plus qu'important et le bruit généré par les gouttes sur le toit en tôle nous oblige a parler nettement plus fort.
. L'eau du robinet n'est pas potable.
C'est pour moi une grande joie de voir combien il nous a été facile de nous habituer à ces changements. Il va sans dire que c'est beaucoup plus facile pour les enfants qui ont une mémoire et des habitudes bien moins "rigides" que nous les adultes.
En ce qui me concerne j'aime plutôt cette gymnastique cérébrale qui consiste à constamment "recadrer" les anciens réflexes.
Pour ce qui est de la journée d'aujourd'hui :
. Je me suis levé à 07h00 et je suis tout de suite parti en vélo à Puerto Viejo.
. Distributeur automatique, Pearl Harbor, ferreteria (quincaillerie), puis poulet rôti et marché.
Afin de vous montrer que certains côtés de la vie du Costa Rica sont tout de même nettement moins chers qu'en France, voici les notes de fruits et légumes et de quincaillerie :
. 2kg de tomates, 1kg de carottes, 2 salades, 2 avocats, 2kg de bananes, un piment rouge, 2kg de pommes de terre, 1 chou-fleur : 6.800 colones
. Un assortiment de 8 clés plates, un assortiment de 4 tournevis, une clé à molette : 32.000 colones
. Retour en vélo surchargé et avec difficulté car le guidon de mon vélo se desserre et je dois rouler en tenant la fourche pour ne pas tomber (oui en effet, ce n'est pas cher mais le rapport qualité-prix n'est tout de même pas si exceptionnel que cela)
. Nous partons en famille vers la Terraza (Sidonie perd régulièrement sa pédale gauche. Vous ai-je parlé de la qualité des produits manufacturés vendus ici ?). Repas pâtes - pizzas (j'ai même droit à un verre de grappa au moment de partir).
. Durant le retour, Célestine chute magistralement et s'écorche fortement le genou gauche (le droit, c'était lors de sa cascade de la veille). Estelle récupère 2kg de fromage (un seul bloc sous vide) et du jambon chez Patricia (11.000 colones le tout).
. Nous couchons Marin et je rafistole Célestine. Avec elle et Paola, nous gonflons des ballons que nous suspendons sur le fil d'étendage. Estelle et Sidonie vont faire des courses au Duende. Elles achètent un gâteau et des bougies. Le tiramisu (troisième exemplaire choisi par un employé du Duende car les premiers étaient moisis), est tout écrasé et sent le solvant organique. Il part donc directement à la poubelle, une fois les bougies soufflées.
. Nous partons ensuite au Shawandha lodge pour le repas d'anniversaire. Le cadre est magnifique, nous sommes presque seuls, la propriétaire est charmante, il y a du Martini blanc et nous buvons un agréable vin blanc chilien (premier vin depuis notre arrivée).
. Retour dans la nuit et la bonne humeur. Malheureusement, Célestine trouve les meubles de la terrasse dans une position inhabituelle : nous avons été cambriolés. Heureusement pour nous, nous ne possédons pas grand chose et le bilan reste modeste : un disque dur, mes outils tous neufs et les deux sacs à dos des grandes. L'ambiance et un peu plombée et les enfants sont inquiets. Nous les rassurons et les couchons.

Le vol est un fléau mondial mais il est ici plus présent qu'ailleurs. Nous essayons de relativiser et tâcherons, à l'avenir, d'être plus prudents encore. Pour ceux qui prévoient de nous faire la joie de venir nous rendre visite, pensez bien à ne rien apporter qui ait une quelconque valeur : la nature dégrade ce que les hommes ne volent pas.

Le mot jour : atraco (6 lettres)